Résumé p.5
Introduction p.9
2005 en chiffres p.10
Les 21 centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso) de Médecins du Monde en 2005 p.11
Caractéristiques sociales des patients reçus dans les Caso p.14
1 - Age et sexe
2 - Nationalités
3 - Durée de résidence
4 - Les modes de contacts et les motifs de recours à Médecins du Monde
5 - Logement
6 - Lien social
7 - Emploi et ressources
8 - Situation administrative
1/ Situation au regard du séjour au jour de la consultation
2/ Demandeurs d’asile
Accès aux soins des patients reçus dans les Caso p.33
1 - Droits théoriques et droits effectifs à la couverture maladie
1/ Droits théoriques
2/ Droits effectifs
2 - Obstacles à l’accès et à la continuité des soins
1/ L’obligation de domiciliation
2/ Les autres obstacles à l’accès aux soins cités directement par les patients
3 - Les refus de soins des professionnels de santé : l’enquête de Médecins du Monde auprès de 725 médecins généralistes
1/ Constat des refus de soins
2/ Résultats de l’enquête de Médecins du Monde sur les refus de soins
4 - Démarches et accompagnement social mis en œuvre
Etat de santé des patients reçus dans les Caso p.51
1 - Etat des vaccinations
2 - Statuts sérologiques
3 - Les dépendances aux substances psychoactives
4 - Violences et maltraitances
5 - Diagnostics posés à l’issue des consultations médicales
1/ Les problèmes de santé diagnostiqués
2/ Les motifs de recours et problèmes de santé repérés avec la Classification Internationale des Soins Primaires (CISP)
3/ La souffrance psychique
6 - La santé bucco-dentaire
7 - Les retards de recours aux soins et les soins urgents
8 - Les orientations à l’issue des consultations
Focus sur différents publics reçus dans les Caso p.78
Les femmes
Les mineurs
Les patients français
Les demandeurs d’asile
Les patients en situation administrative précaire
Les jeunes patients de 16-24 ans
Les personnes sans domicile
Les patients âgés de 60 ans et plus
Les principales évolutions des patients reçus dans les Caso depuis 2000 p.136
Les missions mobiles de proximité p.140
Les SDF et mal logés
Les migrants
Les enfants
Les Rroms
Les personnes se prostituant
Les usagers de drogues : programmes de réduction des risques avec échange de seringues
Les usagers de drogues : les bus méthadone
Les missions raves : réduction des risques en milieu festif
Conclusion p.171
Bibliographie p.172
Méthodologie p.175
1. Recueil de données dans les centres d’accueil, de soins et d’orientation
2. Qualité des données
3.Analyse
Volume d’activité des Caso p.178
1.Volume d’activité à partir du comptage manuel des consultations
2.Volume d’activité enregistré sur lequel se base notre analyse statistique
Annexes p.182
Annexe 1 : données par Caso
Aix-En-Provence
Ajaccio
Angers
Besançon
Bordeaux
Cayenne
Grenoble
Le Havre
Lyon
Marseille
Montpellier
Nancy
Nantes
Nice
Paris
Pau
Rouen
Saint-Denis
Strasbourg
Toulouse
Valenciennes
Annexe 2 : taux de réponses des dossiers sociaux et médicaux 2005
Annexe 3 : comment est construite la CIS ?
Annexe 4 : dossier social et dossier médical 2005 des Caso
2005 aura vu une augmentation des consultations données par les bénévoles des missions France de Médecins du Monde de 12.7 % soit 5 150 consultations de plus qu’en 2004 sans ouverture d’un nouveau centre. De quoi inquiéter Les personnes que nous rencontrons sont jeunes puisque 71 % ont moins de 40 ans. Elles sont majoritairement étrangèresdont 59 % résident en France depuis moins d’un an, ce qui explique en partie leurs difficultés à s’orienter dans le système de soins français.
Elles sont toutes très pauvres, bien en-dessous du seuil de pauvreté. Une minorité dispose d’un logement fixe. Pour près d’un patient sur cinq, le logement est surpeuplé voire néfaste à la santé. Un tiers des patients rencontrés a été ou est en demande d’asile. L’augmentation continue des refus d’asile par la France nous laisse sans possibilité de soigner les maux des personnes déjà démolies par les violences auxquelles elles ont été confrontées, violences auxquelles s’ajoutent les mauvaises conditions d’accueil ici. Ces taux de refus de l’asile de la part de l’ancien pays des droits de l’homme expliquent une bonne partie du nombre de personnes vivant dans une situation administrative précaire. Ce qui au quotidien veut dire : l’impossibilité de subvenir aux besoins de sa famille, de louer un logement, d’accompagner ses enfants à l’école sans craindre l’arrestation.
L’utilisation itérative des étrangers comme boucs émissaires des problèmes de notre société a culminé lors de la crise des banlieues où le Ministre de l’Intérieur a expliqué aux français que les étrangers mettaient le feu (ou bien entretenaient le feu qu’il avait allumé). Il n’a pas présenté d’excuses au vu de la dizaine d’étrangers passés au tribunal sur les quelques 800 français. Cette habitude depuis la campagne électorale de 2002 d’instiller le poison de la suspicion, sans vergogne, ne fait qu’accroître le sentiment d’injustice et de disqualification des personnes que nous rencontrons. Ni délinquants, ni fraudeurs, ni profiteurs, ils doivent cependant raser les murs de notre société qui est prise d’une confortable amnésie sur son passé.
Dans le même état d’esprit de la France qui écrase les plus pauvres, constatons que la quasi totalité des modifications législatives vient empirer un quotidien déjà sombre : 10.5 % des femmes et hommes que nous rencontrons n’ont droit à aucune couverture maladie, non pas parce qu’ils sont de passage en France mais bien parce que les réformes les en écartent, ce qui va à l’encontre de l’esprit de la CMU et plus largement des impératifs de santé publique.
Cela fait 5 ans que nous démontrons le caractère néfaste de l’obligation de prouver une domiciliation administrative (1er obstacle à l’accès aux soins qui s’aggrave d’année en année) : rien ne bouge.
Nous ne reprendrons pas ici l’ensemble des « mesurettes » restreignant toujours plus l’accès aux soins (à lire dans le rapport d’activité 2005 de la Coordination Mission France), mais rappelons la perversité de cette accumulation de petites modifications qui lancent un message clair aux administrations : tout ce qui va à l’encontre du plein droit est bon à prendre, le règne de l’arbitraire est érigé en sport préfectoral, la suspicion en sport national.
Au même moment force est de constater que les professionnels de santé qui refusent les précaires, eux, ne sont guère inquiétés, pauvre Hippocrate.
C’est ainsi que les difficultés financières arrivent en 2ème plus fort obstacle à l’accès aux soins malgré la CMU et l’AME. Notons tout de suite que la méconnaissance des droits et des structures de soins arrive juste après : des profiteurs qui ne savent pas de quoi ils pourraient profiter !
L’état de santé des personnes que nous rencontrons est encore cette année et pour la dernière fois difficile à décrire : le changement au 1er janvier 2006 du recueil de données médicales améliorera ce point pour la suite. Signalons le très faible taux de couverture vaccinale, le très fort taux de contaminations VIH et VHC, contaminations largement ignorées des patients avant notre rencontre.
Notre responsabilité en terme de prévention et d’accompagnement au dépistage et aux traitements apparaît ici clairement.
C’est dans ce climat d’intolérance que les bénévoles de Médecins du Monde essayent chaque jour d’améliorer l’état de santé des plus précaires. Des murs se lèvent mais l’espoir reste de renverser les empêcheurs d’égalité