Dans le prolongement de ses activités mises en place durant la période des combats, Médecins du Monde a mené depuis l'instauration du cessez-le-feu une évaluation des besoins de santé dans le sud du pays, qui connaît aujourd'hui un retour massif de déplacés, et y a débuté des activités médicales.
L'intensité des frappes israéliennes, notamment sur les voies de communication, a rendu pendant plus d'un mois l'accès aux villages du sud du pays quasi impossible aux services de secours ou aux acteurs humanitaires. Les habitants restés dans les villages (environ 20% de la population) ont été coupés du monde pendant toute la durée du conflit, confinés dans des abris.
Les zones d'habitation chiites ont été les plus lourdement frappées par l'artillerie et l'aviation israélienne et de nombreux villages sont partiellement détruits. Dans certains d'entre eux (Dibbine, Markaba, Taïbe), la moitié des maisons sont inhabitables et les infrastructures entièrement détruites : plus d'accès à l'eau courante, à l'électricité ou au téléphone fixe ; les sources qui alimentaient le réseau d'eau ont été endommagées, les canalisations souterraines sont détruites, les câbles électriques sont coupés.
Aujourd'hui, les populations déplacées regagnent massivement le sud Liban et les plus pauvres, n'ayant d'autres endroits où aller, se réinstallent dans les villages, avec femmes et enfants dans des conditions très difficiles marquées par le manque d'infrastructures essentielles (écoles, centres de santé, eau, électricité, commerces...).
En plus des pertes matérielles importantes pour ces populations, c'est toute l'activité économique qui est touchée à moyen terme. La population du Sud vit essentiellement de l'agriculture et du bétail. De nombreux champs ont été brûlés ou sont « minés ». Une grande partie de la culture du tabac, qui doit être récoltée en juillet et août, a pourri sur pied. Le cheptel a été décimé par les bombardements ou est mort de soif pendant le conflit. Cette population déjà vulnérable économiquement avant le conflit se retrouve un peu plus fragilisée.
Les sous-munitions des bombes à fragmentation représentent désormais le risque le plus important dans cette région. Elles sont disséminées partout, sur les routes, les bas côtés, les champs, les jardins et parfois jusque dans les maisons.
Les conséquences sanitaires
Dans 90% des villages visités par les équipes de MdM, les structures de santé ne sont pas ouvertes. En ce qui concerne les hôpitaux de la région : l'hôpital de Marjayoun est toujours fermé, ceux de Tebnine et de Bent Jbeil sont toujours restés ouverts pendant le conflit, mais ont connu des destructions importantes et ne sont pas en mesure aujourd'hui de prendre en charge les hospitalisations. Ils manquent également de médicaments et de consommables.
Une part du personnel médical libanais n'est pas encore revenu travailler, leur structure de santé n'étant pas encore fonctionnelle.
Les activités médicales de MdM dans le sud
Si les centres de santé n'ont dans leur majorité subit que des dégâts mineurs, un travail de réhabilitation et de dotation en médicaments est cependant souvent nécessaire pour que ces dispensaires soient de nouveau fonctionnels. C'est pourquoi, suivant les constats de son évaluation menée dans le sud du pays, MdM appuie la réouverture, depuis le 18 août, du dispensaire de l'ONG locale Amel, à Khiam, seul dispensaire aujourd'hui opérationnel dans le village.
L'association travaille également à sa réhabilitation. Par ailleurs, depuis le 21 août, deux unités mobiles procèdent à des dotations en médicaments auprès du personnel de santé, médecins ou infirmiers, et effectuent des consultations dans 10 villages entre Khiam et Tebnine, en attendant la réouverture des dispensaires.
Parallèlement, les équipes de Médecins du Monde poursuivent leur travail d'évaluation des besoins non couverts dans les villages reculés du sud du pays afin d'organiser, si besoin, des consultations.
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