Communiqué de presse   Gaza : renforcement des équipes médicales


Médecins du Monde est présent dans les Territoires Palestiniens Occupés depuis 1997 et dans la bande de Gaza depuis 2002. Sur la Bande de Gaza, l'association a mis en place des programmes qui visent à améliorer la prise en charge des urgences médicales en intervenant sur chaque maillon de la chaîne de l'urgence : formation de la population aux gestes qui sauvent, formation des ambulanciers du Croissant Rouge palestinien (PRCS), et enfin partenariat avec le Ministère de la Santé dans la mise en place de plans d'afflux massif de victimes dans les hôpitaux palestiniens.

Par ailleurs, en temps de crise, MDM travaille en lien étroit avec les autres acteurs humanitaires pour évaluer et répondre aux besoins de santé en distribuant, par exemple, des kits médicaux aux médecins habitant dans les quartiers les plus exposés aux incursions, comme à Rafah en mai 2004, ou des kits de première urgence à la population des zones enclavées.

En prévision du retrait israélien de la bande de Gaza, l'association a décidé de pré-positionner des renforts internationaux et locaux. Outre l'aide directe que ces équipes médicales pourront apporter au cours du transport de blessés et malades, la présence de volontaires internationaux entend faciliter l'accès aux soins et aux services hospitaliers et garantir davantage la sécurité des équipes de secours.

L'équipe MdM doit intervenir sur plusieurs volets :

- Plusieurs ambulances du croissant Rouge seront accompagnées par un médecin expatrié.

- un autre médecin expatrié devrait être positionné à Mawassi, zone particulièrement exposée à un risque de blocus.

- 13 médecins seront présents entre mi-août et fin septembre afin de garantir une présence médicale lors du transfert des patients vers les hôpitaux de références sur l'ensemble de la bande de Gaza.

- Comme lors des précédentes incursions, l'association jouera un rôle de coordination auprès des autorités palestiniennes et de l'armée israélienne afin de faciliter le passage des ambulances et des acteurs de santé.

En effet, l'expérience que nous avons des opérations militaires dans les Territoires Palestiniens Occupés en "temps normal", nous fait craindre que l'accès aux soins des populations civiles soit rendu très difficile sinon dangereux : la probabilité de voir les axes routiers coupés à l'intérieur de la Bande de Gaza est grande, entraînant des enclaves fermées soumises à un couvre feu où les secours ne pourront accéder aux structures de soins adaptées. Déjà, l'enclave de Mawassi est fermée depuis plusieurs semaines.

Les malades comme les blessés risquent donc de ne pouvoir être soignés à la mesure de leurs besoins en raison des difficultés voire de l'impossibilité de transfert des patients. L'expérience nous a montré par ailleurs qu'en pareilles circonstances, tous les terminaux accessibles (ainsi appelle-t-on les passages frontaliers entre la bande de Gaza et l'Egypte ou Israël) normalement aux Palestiniens sont fermés, qu'il s'agisse de transfert de patients chroniques nécessitant des soins en Israël ou à l'étranger ou bien du passage de produits de première nécessité.

C'est pourquoi, Médecins du Monde alerte le gouvernement israélien sur la nécessité impérative de garantir d'une part, le libre accès aux malades et la libre circulation du personnel soignant dans l'exercice de ses fonctions ainsi que sa sécurité, conformément au droit international humanitaire, et d'autre part le ravitaillement nécessaire à la population civile. Nous rappelons également que le gouvernement israélien doit tout mettre en œuvre pour protéger les civils qui paient régulièrement un lourd tribut lors de ces opérations militaires.

MDM rappelle que le retrait des colonies de Gaza et du nord de la Cisjordanie ne doit pas occulter les responsabilités de l'Etat Israélien dans le reste des Territoires Palestiniens Occupés, ni cacher l'expansion des colonies et l'intensification de la construction du Mur à Jérusalem, toutes deux contraires au Droit International et à la réalisation de la « Feuille de Route » dont le retrait de Gaza se veut un premier geste.