Communiqué de presse   Crise irakienne : protéger les populations civiles (20 Mars 2003)


A l'heure d'une intervention armée en Irak, Médecins du Monde ne peut que regretter l'échec de la diplomatie et déplorer la décision d'intervenir.
militairement : prise de manière unilatérale, sans l'aval des Nations Unies et sur un principe de guerre préventive, elle met en danger les fondements de la Charte des Nations Unies et le système des relations internationales.

Médecins du Monde demande aux parties en conflit et à l'ensembles des états limitrophes concernés de respecter et de faire respecter le Droit International Humanitaire afin de protéger les populations civiles.

Présentes en Irak depuis 1997, nos équipes ont pu constater l'extrême vulnérabilité de la population irakienne. Aux souffrances accumulées pendant des années s'ajoute depuis ces derniers mois une tension extrême qui la met dans une situation de très grande fragilité.
La situation sanitaire est désastreuse : aggravation de la mortalité infantile, pénurie de médicaments, manque de personnels soignants, dégradation des équipements hospitaliers… 60% de la population est dépendante de l'aide internationale aujourd'hui interrompue.

C'est pourquoi nous demandons :

- que les populations civiles soient respectées et protégées, et ne soient ni prises pour cible ni utilisées aux fins du conflit.

- que soient préservées les structures indispensables aux besoins fondamentaux des populations : hôpitaux, systèmes d'approvisionnement en eau…

- que les pays limitrophes autorisent l'ouverture de leurs frontières pour accueillir d'éventuels réfugiés, dans l'esprit des conventions de Genève.

- que les organisations humanitaires aient accès librement et de manière indépendante aux populations civiles, dans le respect du droit d'assistance humanitaire aux victimes.

Médecins du Monde, de par son expérience auprès des victimes dans les conflits depuis plus de 20 ans, rappelle que ce sont toujours les populations civiles les principales victimes ; à ce titre nous exigeons qu'elles soient maintenues hors du conflit et protégées.