Mission Kenya

Le Kenya connait à un conflit civil depuis janvier 2008 Les violences ont débuttées quelques jours après les résultats des élections présidentielles (27 décembre 2007).

Médecins du Monde a lancé le 13 février une mission d’urgence dans la Vallée du Rift pour assurer une prise en charge médicale des populations déplacées, jusqu’à présent, restées en marge de l’aide humanitaire.

Les vagues de violences post-élection qui ont secoué le Kenya depuis début janvier ont provoqué le déplacement de 600 000 personnes reparties sur 296 camps et sites de regroupement. La majorité des personnes déplacées s’est concentrée autour des postes de police, des églises et des écoles où sont assurés les soins et les ravitaillements. En raison des tensions ethniques subsistantes, de nombreuses personnes restent encore isolées et privées d’accès aux soins.
Médecins du Monde a lancé cette semaine une mission d’urgence pour venir en aide à certains de ces déplacés, regroupés dans des zones isolées et qui n’ont pas eu jusqu’à présent accès à l’aide humanitaire. MdM intervient auprès des 4 500 personnes déplacées répartis à Solai, Ol Banata et Bahati, localités situées aux alentours de Nakuru, à 150 km de Nairobi.
Une équipe médicale assure, par des cliniques mobiles, l’ensemble des soins de santé primaire ainsi qu’une prise en charge psychologique.

La majorité de ces personnes sont des femmes et des enfants, exposés essentiellement aux pathologies respiratoires, diarrhéiques, au paludisme et au stress post-traumatique. Les femmes enceintes sont sujets à de forts risques de complications obstétricales et néo-natales, et les personnes âgées ne sont plus traitées pour leurs maladies chroniques.

« Nous travaillerons également, en collaboration avec la Kenyan Medical Association et la Croix Rouge kenyane, au rétablissement du lien entre les personnes déplacées et les centres de santé nationaux. L’objectif est d’assurer un accès aux soins sans discrimination quelque soit les origines ethniques. La présence de nos équipes sur le terrain permettra également de rendre compte d’éventuelles violences dont les populations locales pourraient faire l’objet.» estime Jérôme Larché, médecin de la mission MdM au Kenya.


Témoignage d’un homme dont la belle-sœur et deux de ses cinq neveux, ont été tués dans les violences post-élections au Kenya.

« Une demi-heure après l’annonce du résultat des élections, les maisons ont commencé à brûler à Nakuru…Mon frère et sa famille étaient enfermés chez eux. Trois hommes sont entrés chez eux et ont commencé à les battre. Mon frère et trois de ses enfants ont réussi à s’enfuir. Sa femme et ses deux autres enfants ont été tués par des flèches, après avoir été battus… Je ne comprends pas, mon père vivait depuis toujours dans cet endroit ! Même en 1992 [des violences avaient également eu lieu après les élections présidentielles], ce n’était pas la même chose !!

Aujourd’hui, toute ma famille est à Nairobi. Mes neveux sont avec moi car mon frère est hospitalisé dans un hôpital psychiatrique depuis un mois. Il a été très affecté par les évènements… »


Photos : Jérôme Larché - Responsable de la mission MdM

Février 2008