Rencontre de donateurs : Nancy (mars 2005)



Rencontre de donateurs : Nancy (mars 2005)

La réunion se tenait dans une salle prêtée régulièrement à MdM pour ses activités, à 10’ environ du centre ville, la table de conférence arborait un calicot avec le logo MdM « Nous luttons contre toutes les maladies, même l’injustice ».

Anne-Marie Worms, déléguée régionale de Lorraine, souhaite la bienvenue à la cinquantaine de personnes avaient répondu à l’invitation de Médecins du Monde et ouvre la soirée. Elle rappelle l’origine de la création de Médecins du Monde et des missions à Metz (1986) et à Nancy (1988). Elle précise le rôle du collège de 7 personnes élues à Nancy : relais entre avec le siège et le CA, garant du respect de l’éthique de l’association, animateur des missions sur place, promoteur de missions internationales. La délégation a un projet d’intervention au Burkina Fasso.

Présentation de Mission France par Jean-Marie Gilgenkrantz (Nancy) et par René Moutier (Metz) :
La mise en place de la CMU et des PASS a entraîné une baisse significative de la fréquentation des centres de soins, conduisant même à la fermeture du celui de Metz. Depuis, le centre de Nancy constate une recrudescence de la fréquentation qui revient à son niveau d’avant 1999. Ils soulignent l’importance du réseau de professionnels de santé en ville, de toutes spécialités, qui acceptent de relayer l’action de MdM et contribuent ainsi à son efficacité.
Hors centre, les équipes interviennent souvent en liaison avec d’autres associations : La soupe, 32 de la rue, Repas du soir… et sur des populations diverses : SDF, toxicomanes, prostituées, demandeurs d’asile, personnes âgées… Metz développe également une activité dans le domaine de l’adoption avec l’étude des dossiers, l’accompagnement des familles, puis le suivi des enfants adoptés pendant 2 ans.

Intervention de Bernard Juan et Fabrice Giraux, membres du Conseil d’administration :
Bernard Juan présente l’action de MdM en Asie, à la suite du tsunami du 26 décembre. Il insiste sur la rapidité de mobilisation de l’association due à sa présence en Asie, lui-même est parti pour le Sri Lanka très rapidement. Il ne cache pas la situation de « cirque humanitaire » quelques jours après la catastrophe et la difficulté qui en a résulté parfois pour trouver un positionnement pertinent pour MdM. Il fait part aussi des incertitudes qui pèsent sur la poursuite de la mission en Indonésie, le gouvernement n’étant pas pressé de confirmer les autorisations nécessaires. Il décrit la situation sanitaire très contrastée : il n’y a en fait pas beaucoup de blessés, les victimes étant majoritairement mortes, plusieurs structures de soins ont été rasées et des équipes médicales entières ont été décimées. Il est donc nécessaire d’organiser des unités de soins et de former des personnes de façon à subvenir aux besoins des patients sous traitement et prendre en charge le traumatisme psychique très important.
Fabrice Giraux rappelle que MdM reste une association pleine et entière, dont les membres sont associés aux choix des actions à entreprendre. Ces choix répondent aux objectifs de soins et de témoignage dans les situations d’urgence, mais aussi dans les crises oubliées ou auprès des populations vulnérables. Il explique que dans cette conception d’une association militante, MdM a choisi d’impliquer ses donateurs, qui lui donnent les moyens d’agir en toute indépendance. MDM ne peut démarrer une intervention en urgence qu'avec les fonds dont elle dispose, non affectés au départ, et elle est d'autant plus crédible vis à vis des bailleurs que les donateurs assurent déjà une part du financement des programmes. C’est ainsi qu’en 2004, MdM a développé 90 projets à l’étranger, dont seulement une dizaine sont des missions d’urgence ; et autant de programmes e France.

Intervention de Françoise Chagniot, membre du comité des donateurs :
Après avoir dit ce que sont le comité des donateurs et ses membres (seulement des donateurs, amis de l’association, pas médecins ni comptables…) elle précise comment il intervient auprès de l’association et se fait le relais des donateurs.
Elle rappelle que les ressources de l’association sont : les dons privés (23 m€), les subventions publiques (17 M€) et les volontaires qui donnent de leur temps (13 M€), ces deux dernières étant mobilisées grâce aux dons. Le don est un acte de confiance, une possibilité d’intervention donnée à l’association. Il faut lui laisser le soin d’en déterminer la meilleure affectation possible. En exemple, les missions visitées en 2004 : RDC, Bolivie, Palestine, Bulgarie, d’une grande pertinence au regard du projet de Médecins du Monde et fonctionnant sur les surplus de dons versés à l’occasion d’appel de fonds privés.

Débat avec l’assistance :

Les personnes étaient dans un esprit d'amitié envers l’association et les interventions et les questions posées ont permis d'aborder des point sensibles de façon transparente et vraie. Plusieurs sujets ont été précisés au cours de ce débat :

- La clientèle des centres de soins, largement composée de personnes étrangères en situation irrégulière, mais qui voient venir de plus en plus de jeunes de moins de 25 ans sans revenu.

- L’intervention de MdM en Palestine, qui permet de mobiliser ensemble israéliens et palestiniens pour venir en aide à ces derniers.

- Le mode d’intervention du Comité des donateurs lors des visites sur les terrains.

Le cocktail de fin de réunion, bien achalandé grâce au concours généreux d’une douzaine de commerçants de Nancy, a permis de poursuivre les échanges avec les donateurs présents sur les actions de l’association et du Comité des donateurs.

Françoise Chagniot et Joëlle Lacourte