En juin 2005, nous avons effectué une visite de huit jours dans la province d'Aceh afin de témoigner de l’action de Médecins du Monde, sur place, au nom des donateurs.
Bien qu’informés et préparés de longue date à ce voyage, nous avons été frappés par l’étendue des zones dévastées, par le nombre de réfugiés qui habitent encore sous tente, dans des conditions climatiques et sanitaires très difficiles, par la précarité du système de santé, lourdement touché par le cataclysme.
Grâce à sa présence de longue date en Indonésie, Médecins du Monde a pu se consacrer aux soins d’urgence dès janvier. Grâce à la reconnaissance par tous (y compris par les autorités indonésiennes et l’ONU) du sérieux de son travail, elle a pu ensuite proposer un programme ambitieux mais réaliste de remise en route complète du système de santé de cinq « sous-districts » dont elle a obtenu officiellement la charge.
À ce jour, les équipes, qui comprennent 17 expatriés sur le terrain, travaillent sans relâche. Continuant à fournir matériel, médicaments et vaccins, elles accompagnent et forment, sur une douzaine de sites différents, les équipes soignantes locales qui réinvestissent lentement des locaux réhabilités ou reconstruits à neuf.
Il nous a semblé que l’organisation générale et la gestion du budget étaient des plus rigoureuses, ce qui nécessite des efforts permanents face à des administrations complexes, une armée omniprésente et une multitude d’autres ONG pleines de bonne volonté mais dont le nombre complique parfois le travail…
Nous ne sommes pas des spécialistes de la santé. Mais, ce dont nous avons été témoins, c’est que ces équipes se lèvent à l’aube, se nourrissent et dorment comme les populations qu’elles soignent à quelques pas, travaillent parfois très tard à la lumière des lampes-tempête. Que chaque jour les transports sur pistes défoncées sont interminables, épuisants, que le climat, qui alterne grosses chaleurs et pluies diluviennes, contribue à un « confort spartiate ». Certains sont sur place depuis plus de six mois et tous vivent dans l’appréhension de nouvelles répliques sismiques dans un pays où la terre tremble chaque semaine.
Bien sûr, nous ne pensions pas, en partant là-bas, être déçus par l’engagement des équipes. Mais, au risque de les embarrasser, notre émotion et notre admiration vont bien au-delà. Avec l’aide des donateurs, ce travail, leur travail doit se poursuivre.
Dominique Dumand et Olivier Péray