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Ne pas avoir de contraceptif peut changer toute une vie

©Alessio Romenzi

Ne pas avoir de contraceptif peut changer toute une vie

L’accès libre à une planification familiale sans risque est un droit humain. La planification familiale est au cœur de l’égalité des genres et de l’émancipation des femmes. C’est un facteur clé pour la réduction de la pauvreté, l’amélioration de la santé maternelle et infantile et le maintien de l’équilibre familial.
 

Huit ans de blocus à Gaza, la politique de séparation avec la Cisjordanie, la succession des guerres, la dépendance aux bailleurs internationaux et la situation financière critique du ministère de la Santé ont sérieusement entravé l'accès à la planification familiale des femmes gazaouies. Comment les contraceptifs peuvent-ils atteindre des bénéficiaires dans un territoire assiégé ? Comment mettre en œuvre une politique de planification familiale sérieuse quand les conditions économiques n’ont jamais été aussi mauvaises et quand l’ensemble du système de santé menace de s’effondrer ?

La pénurie de contraceptifs dans la bande de Gaza est une atteinte aux droits des femmes, un risque pour leur santé, et un poids pour des familles déjà durement touchées par des conditions de vies très difficiles.

La pénurie de contraceptifs est une atteinte aux droits des femmes.

 

Je ne peux pas me permettre d’acheter des contraceptifs

Samia est une femme au foyer de 44 ans, vivant dans un camp du milieu de la bande de Gaza, près de la frontière avec Israël. Elle a 11 enfants, et compte sur les centres de soins de santé primaires et le Centre pour les femmes de CFTA pour accéder à la contraception.

« Je ne peux pas me permettre d’acheter des contraceptifs dans les pharmacies privées, c’est trop cher, mon mari est au chômage, nous avons une grande famille… Notre situation économique n’est pas facile », explique-t-elle. Samia utilise le Depro-Provera Vial, qui nécessite une injection tous les trois mois. « Je me sens bien comme ça. J’ai essayé la pilule avant, mais j’ai eu des effets secondaires. Et mon mari refuse d’utiliser des préservatifs. »

Aujourd'hui, le Depro-Provera Vial est pratiquement en rupture de stock à Gaza. Avec le blocus, ça arrive régulièrement, pour différents types de contraceptifs. Les conséquences pour les utilisateurs sont graves. « Ne pas avoir le bon contraceptif à temps peut changer toute votre vie. Je suis anxieuse, stressée, je fais des cauchemars… Sans contraceptif, je dois me tenir éloignée de mon mari, et ça crée un malaise et des querelles entre nous, il y a tellement de tensions à la maison. Une fois déjà je suis retombée enceinte, et j’étais trop âgée pour ça. J’avais des douleurs, je ne pouvais pas me déplacer, je ne pouvais pas m’occuper de ma famille. Et j’avais surtout peur pour la santé de l’enfant. »

80% des Gazaouis dépendent de l'aide internationale

Le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza est considéré comme une sanction collective illégale au regard du droit international. Il en résulte un contrôle strict des mouvements des biens et des personnes entre Gaza et le reste du monde, y compris la Cisjordanie.

La fermeture des tunnels en 2013, même s’ils contribuaient à une économie souterraine non durable et sans contrôle, a encore aggravé la situation en asphyxiant davantage l’économie et en restreignant l’accès à un certain nombre de marchandises à Gaza.

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, Gaza a le taux de chômage le plus élevé au monde (44%), contre seulement 10% avant le blocus.

Selon UNRWAinfo-icon, le taux de mortalité infantile à Gaza a augmenté à l’été 2015, pour la première fois en plus d'un demi-siècle. Cela pourrait être une conséquence du blocus. L'agence onusienne est très préoccupée par l'impact du blocus à long terme sur les établissements de santé, et l’accès aux médicaments et aux équipements médicaux à Gaza.