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Soins gratuits pour les mères et les enfants

Soins gratuits pour les mères et les enfants

Depuis septembre 2012, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, dans les régions de San Pédro, Nawa et Gboklé, Médecins du Monde pilote un projet d’amélioration de la qualité des soins à destination des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans, en appui à la politique nationale de gratuité ciblée.

 

À l’hôpital de Guéyo, le Dr Bénié attend la livraison du pick-up de Médecins du Monde avec impatience. Le stock de médicaments frôle la rupture, en raison d’une affluence toujours plus importante de patients. « La pharmacie de santé publique (PSP) ne répond pas toujours aux besoins des patients depuis la mise en place de la gratuité, ce qui crée des frustrations. Sans compter que je suis le seul médecin pour 111 000 habitants, dont près de 29 000 femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans* », soupire le médecin, également directeur de la structure.

La mesure de gratuité totale décrétée en avril 2011, puis ciblée en février 2012, est un soulagement pour la population malgré quelques ratés. La plupart des structures appliquent la gratuité pour les consultations, mais ne disposent pas de médicaments, que les patients sont contraints d’acheter dans des officines privées, à des coûts élevés. Certains centres sont hostiles à cette mesure en raison de la perte des revenus issus de la vente des médicaments et des prestations de soins qui couvraient les frais de fonctionnement. « Même si les choses vont mieux depuis le recentrage de la gratuité sur les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, concède le Dr Bénié, le soutien de Médecins du Monde reste capital en raison des pénuries chroniques. »

Assurer une couverture globale

D’août 2011 jusqu’à aujourd’hui, l’hôpital de Guéyo a ainsi bénéficié de l’aide en médicaments et en matériel de Médecins du Monde, comme 16 autres structures de santé dans trois districts de 400 000 habitants, dont 20 200 femmes enceintes et plus de 58 000 enfants de moins de 5 ans*. Parmi ces établissements, 14 maternités, dont celle du Dr Bénié, ont aussi été réhabilitées par Médecins du Monde. En parallèle, des formations ont été proposées au personnel de santé, notamment des modules de formation-recyclage en soins obstétricaux et néonataux d’urgence (Sonu).

Projet de transition

« Forts des résultats positifs et de la satisfaction des autorités, explique Pascale Blanchetière, coordinatrice générale en Côte d’Ivoire, nous avons lancé un nouveau programme depuis septembre pour accompagner la politique de gratuité ciblée. Ce projet de transition est le prolongement naturel du précédent, mis en place après la crise post-électorale dont a souffert le pays en 2011. »

 L’ambition est de soutenir la politique de santé nationale jusqu’à la mise en place de la couverture maladie universelle (CMUinfo-icon) prévue à l’horizon 2014. Dans le cadre du nouveau projet, les médicaments et intrants (consommables) ne sont plus donnés directement aux structures sanitaires par Médecins du Monde mais suivent désormais le processus prévu par l’état. Cette approche permettra à la fois d’assurer une couverture complète et globale de 45 centres de santé, contre 17 auparavant, et de renforcer le système étatique. 

Supervision conjointe avec les districts

Le Dr Bénié continuera cependant de recevoir la visite des équipes de Médecins du Monde. En effet, une dizaine de spécialistes (sages-femmes, pharmaciens, infirmiers) ont été recrutés ou reconduits pour « superviser » les activités des structures de santé communautaires et publiques. Une gageure pour le Dr Joseph Zahiri, le coordinateur médical de Médecins du Monde : « La supervision suppose une réelle implication de notre personnel. Chacun doit dépasser sa spécialité d’origine pour accompagner ou soutenir le personnel des structures de santé dans la prise en charge des patients ; mais aussi entretenir d’étroites relations avec les responsables locaux du ministère de la Santé, à qui nous remonterons les données collectées sur le terrain. »

Quelques exemples de dysfonctionnements déjà identifiés : la faiblesse de l’accueil et de considération des bénéficiaires dans les maternités, le manque d’eau, d’électricité, d’hygiène… Autant de raisons qui poussent nombre de femmes à accoucher chez elles ou dans une clinique où le personnel n’est pas toujours bien formé à leur prise en charge. Des activités pilotes sont également prévues dans le cadre du projet, notamment pour améliorer les capacités de transport des centres de santé vers les hôpitaux de référence des parturientes dont l’accouchement présente des complications. Ne pouvant payer les frais d’évacuation pouvant aller jusqu’à 150 euros, encore trop de femmes décèdent sans avoir accès aux soins nécessaires. Enfin, avec d’autres organisations, Médecins du Monde accompagnera le gouvernement pour capitaliser les réussites et travailler sur les échecs de la mise en œuvre de la gratuité ciblée et fera le plaidoyer nécessaire pour continuer à lever les barrières financières à l’accès aux soins de qualité pour les plus vulnérables.

Guillaume Plassais