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Situation d'urgence pour des milliers d'exilés à Paris

Les conditions de vie déplorables touchent des personnes déjà fragilisées et viennent dégrader davantage leur état de santé physique et mentale. ©Reuters

Situation d'urgence pour des milliers d'exilés à Paris

Médecins du Monde se retire du Centre de Premier Accueil et renforce ses activités dans la rue.

Ouvert en novembre 2016, le Centre de premier accueil de Paris (CPA) avait en partie répondu à une demande conséquente de mise à l’abri de milliers d’exilés dormant à la rue. Sept mois plus tard, alors que Médecins du Monde s’apprête à sortir de ce dispositif pour passer le relais au droit commun, la situation de l’accueil en France des personnes en exil s’est encore dégradée.

Témoin privilégié et acteur historique auprès des plus vulnérables à Paris, Médecins du Monde avait fait le choix d'être partenaire de ce dispositif porté par Emmaüs solidarités afin de répondre aux enjeux sanitaires que les autorités politiques nationales déniaient avant qu’elles ne créent et financent finalement cette structure de premier accueil conjointement avec la Ville de Paris. Pendant les sept premiers mois d’activité du CPA, plus de 3.600 hommes seuls y ont effectué un bilan infirmier réalisé par les équipes du Samu Social de Paris dont près de 80% d’entre eux ont été orientés vers les équipes de Médecins du Monde (soit 2.832 consultations médicales) et 17% d’entre elles vers des services de santé du droit commun, pour des  suspicions de pathologies à risque épidémique comme la gale, la tuberculose ou la varicelle. Plus de 200 consultations en santé mentale ont également été réalisées révélant que près d’une personne en exil sur deux présentait des signes de syndromes post-traumatiques.

En parallèle, nos équipes ont continué leur veille sanitaire dans la rue à Paris où environ 80 personnes arrivent chaque jour et se regroupent au sein de campements informels. Ces conditions de vie déplorables touchent des personnes déjà fragilisées et viennent dégrader davantage leur état de santé physique et mentale.

Aujourd’hui,  le dispositif parisien est  saturé en raison du manque de places d'hébergement en aval ailleurs sur le territoire, mission dont l'Etat a la compétence, mais aussi parce que d’autres dispositifs équivalents de premier accueil n’existent pas dans d’autres grandes villes que Paris.

Après avoir fait la démonstration que des moyens simples et concrets peuvent apporter une solution efficace à la prise en charge médicale des personnes en exil, le 1er juillet 2017, l’activité d'appui et de veille médicale de Médecins du Monde, indispensable au sein du CPA sera entièrement transférée aux autorités compétentes relevant du droit commun,  ce qui constitue une avancée significative.

L’urgence sanitaire est désormais focalisée à l’extérieur du centre. Face à ce constat, Médecins du Monde  poursuit et  amplifie ses activités à la rue.
« La permanence de notre action de soignant restera déployée dans les zones d'extrême précarité sanitaire. Cependant, face à cette situation dégradante pour des exilés très fragilisés, notre détermination est totale à interpeller le gouvernement  sur  ses responsabilités. Nous attendons une réponse radicalement différente que de l’inflexibilité ou du renfort sécuritaire  » précise le Dr Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde. « Il faut ouvrir au plus vite plusieurs dispositifs d’accueil inconditionnel et d’orientation dans d’autres grandes villes de France qui puissent rendre effectif  un accès aux droits et notamment au droit d’asile et ce, dans le respect des projets de vie des exilés »

Au-delà de Paris, les équipes de Médecins du Monde présentes dans toute la France font le triste constat de l’augmentation des espaces d’indignité comme à Calais ou à la frontière franco-italienne. Alors que le nouveau Gouvernement délivre un discours ambigu entre « humanité » et fermeté et qu’il s’apprête à présenter un plan ‘migration’, nous l’exhortons à mettre en œuvre un cadre politique global doté de moyens conséquents à la hauteur des enjeux humains.