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Il faut dénoncer les violations du Droit International Humanitaire

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Il faut dénoncer les violations du Droit International Humanitaire

Malgré les drames consécutifs aux bombardements massifs d’Alep et aux crimes contre l’humanité commis à Khan Sheikhoun après l’utilisation de gaz neurotoxiques, les hôpitaux continuent d’être les cibles quasi quotidiennes de bombardements. Médecins du Monde interpelle le nouveau président Emmanuel Macron pour rappeler la nécessité de protéger les civils et de défendre le droit humanitaire international (DIH) en cas de conflit.

En avril 2017, 11 hôpitaux ont déjà été visés par des raids aériens du régime ou de son allié russe, majoritairement dans la région d’Idlib. D’après de récentes informations en provenance de nos partenaires sur le terrain, un hôpital a aussi été ciblé hier dans le gouvernorat de Damas. Les populations civiles sont volontairement et cyniquement privées d’accès aux soins.

« Que ce soit à Astana ou à Genève, les discussions n'ont pas permis d’aboutir à un cessez-le-feu effectif ni de régler le problème de l'accès à l'aide humanitaire. Il faut à tout prix faire taire les armes. La question de la santé des populations doit également être une priorité absolue pour les politiques » s’indigne le docteur Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde.

En Syrie, plus de la moitié des centres de santé et hôpitaux - détruits et bombardés sciemment - ne sont plus ou quasiment plus opérationnels. Plus d’un personnel médical syrien sur deux a fui ce pays, où le besoin exponentiel d’assistance humanitaire est aujourd’hui nécessaire pour près de 13 millions d’habitants.

 

 

 « Le droit humanitaire international est méprisé et bafoué : les soignants sont quotidiennement bombardés sur leur lieu de travail, ils sont dénoncés, arrêtés et torturés dans les prisons du régime. La France, pays des Droits de l’Homme, se doit de participer à la mise en œuvre et au strict respect des règles qui prévalent à l’application du DIH. Dans le cadre de sa politique étrangère, elle doit faire preuve de transparence sur la nature de son soutien à des régimes qui ne les respectent pas » conclut le docteur Françoise Sivignon.

En cette période électorale, Médecins du Monde appelle les candidats à se positionner davantage sur les enjeux internationaux. Nous renouvelons à cette occasion nos demandes :

 

  • Défendre le principe de sanctuarisation des lieux de soins et protéger les personnels soignants humanitaires.
  • Interdire la vente de matériel militaire à des États ayant commis des crimes de guerre.
  • Poursuivre l’engagement de la diplomatie française pour la suspension du droit de veto au conseil de sécurité des Nations Unies dans les cas de crimes de masse.

 

En 2016, six unités médicales soutenues par Médecins du Monde ont été ciblées, causant la mort de 53 patients et de 15 travailleurs de la santé. En Syrie, Médecins du Monde a mis en place des cliniques fixes et mobiles pour pallier le manque d’infrastructures dans le nord du pays et ainsi offrir des soins de santé primaires et en santé reproductive à la population du Gouvernorat d’Idlib. L’association appuie également des centres de santé et des hôpitaux encore fonctionnels dans les Gouvernorats d’Alep, d’Idlib et de Deraa en médicaments, en équipement et en consommables qui manquent cruellement en ces temps de guerre.