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18 décembre 2016, Journée internationale des migrants : s'occuper des vivants

©Kristof Vadino

18 décembre 2016, Journée internationale des migrants : s'occuper des vivants

Instituée pour promouvoir des politiques cohérentes, globales, basées sur le respect des Droits humains, la journée internationale des migrants se déroule cette année dans un contexte particulièrement tragique. En cette journée, Médecins du Monde alerte sur les conséquences pour les personnes des politiques migratoires et d’asile mises en œuvre en Europe.

« Il est intolérable de constater que près de 5 000 personnes ont péri ou disparu en Mer Méditerranée en 2016 notamment à cause des barrières érigées aux frontières et de cette crise de l’accueil en Europe » s’indigne le Dr Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde.

Dès le mois de novembre 2016, le Haut-Commissariat aux Réfugiésinfo-icon (HCRinfo-icon) annonçait une augmentation du nombre de morts ou disparus en Méditerranée supérieur à celui de 2015 alors que le nombre d’arrivées sur les rivages européens a été divisé par trois1. 

« L’ingéniosité politique est sans bornes pour repousser les personnes qui ont décidé de partir de chez elles pour se réfugier en Europe » poursuit le Dr Françoise Sivignon.

Et pourtant ces politiques n’entravent pas les arrivées : les personnes adaptent leurs parcours, les volontés restent intactes. Les passages et les routes migratoires se font alors plus dangereux exposant les personnes aux passeurs,  aux violences et traumatismes, parfois à la mort. 

Médecins du Monde à travers ses projets en Europe et dans les pays limitrophes de la Syrie est un témoin direct de la santé des personnes et de l’impact que peuvent avoir ces longs parcours.

Si les pathologies courantes voient leur prévalence fortement augmentées, la prise en charge de la souffrance psychique représente un enjeu majeur.
Les données que nous recueillons dans nos programmes montrent que parmi les personnes arrivant en Grèce et en Italie, 71% déclarent avoir subi des violences dans les pays d’origine et près de 50% dans les pays de transit.
Crises d’angoisse, insomnies récurrentes, dépression, voire tentative de suicide, autant de symptômes en augmentation constante dans nos consultations et autant de signes alarmants pouvant laisser présager de graves séquelles psychologiques, notamment chez les mineurs.

Quel que soit l’endroit, les femmes et jeunes filles que nous rencontrons témoignent de violences sexuelles, allant du harcèlement au viol. Elles sont particulièrement exposées lors de leurs parcours. Or, leur possibilité de bénéficier d’une prise en charge médicale et de mesures de protection répondant à leurs besoins spécifiques est souvent très limitée voire inexistante.