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Traqué pour sa sexualité

En 2009, un projet de loi prévoyait la peine de mort pour les homosexuels séropositifs. ©Neamoscou

Traqué pour sa sexualité

En Ouganda, l’homosexualité est considérée comme un crime passible de plusieurs années de prison. Dans ce pays, où l’on estime que 2 % de la population est LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres), affirmer son homosexualité est une mise en danger pour soi et sa famille. Car malgré les efforts fournis par les associations militantes pour faire évoluer les consciences, la stigmatisation et les violences envers cette communauté sont encore nombreuses.

Isolement et détresse psychologique

Les hommes et les femmes homosexuels en Ouganda vivent un véritable enfer. Chassés, opprimés, parfois même battus ou violés, il ne se passe pas une semaine sans qu’un acte homophobe ne soit recensé par les associations[1].

Le système politique ougandais est lui aussi très répressif. En 2009, un projet de loi prévoyait la peine de mort pour les homosexuels séropositifs et la prison à perpétuité pour les homosexuels séronégatifs. La plupart des LGBTinfo-icon perdent leur travail ou sont rejetés par leurs proches. Ils se retrouvent isolés, psychologiquement  fragilisés, dépressifs, voire suicidaires.

En 2009, un projet de loi prévoyait la peine de mort pour les homosexuels séropositifs.
 

L’arrivée d’églises évangéliques américaines dans le pays n’a fait qu’amplifier cette tendance. En Ouganda - où la population est très pieuse - la parole des pasteurs demeure très importante. Il n’est pas rare de les entendre diffuser une idéologie homophobe, comparant l’homosexualité à la pédophilie, à une maladie mentale ou la qualifiant même de conspiration contre la société.

Un rejet à l’œuvre jusque dans les cabinets médicaux. À Kampala, la capitale, 53 % des HSHinfo-icon (Hommes ayant des relations sexuelles avec des Hommes) déclarent se sentir stigmatisés lorsqu’ils consultent pour des soins de santé sexuelle[2]. De nombreux patients LGBTinfo-icon décident alors de ne plus fréquenter les centres médicaux traditionnels et s’isolent du système de santé par peur des représailles.

En 2009, un projet de loi prévoyait la peine de mort pour les homosexuels séropositifs et la prison à perpétuité pour les homosexuels séronégatifs ©Neamoscou
En 2009, un projet de loi prévoyait la peine de mort pour les homosexuels séropositifs et la prison à perpétuité pour les homosexuels séronégatifs ©Neamoscou

Actes homophobes et autres violences

En 2013, le gouvernement ougandais lançait une vaste campagne de chasse aux homosexuels, avec le slogan « Kill the gay ». Le journal Rolling Stone (à ne pas confondre avec le magazine américain Rolling Stone) publiait quant à lui une liste d’hommes soupçonnés d’avoir commis des actes homosexuels, avec pour titre « Pendez-les, ils en veulent à nos enfants ! ». Leur portrait, accompagné dans certains cas de leur profession et d’une adresse postale, permettait aux lecteurs de les retrouver pour mieux les « punir ». Un véritable appel à la violence.

Malgré une avancée certaine des mentalités ces dernières années, en 2010, 37 % des homosexuels de Kampala déclaraient avoir subi des violences physiques. 26 % avouaient même avoir été violé[3].

37 % des homosexuels de Kampala déclarent avoir subi des violences physiques.
 

De nombreux cas de viols de lesbiennes (viols que leurs auteurs appellent  « correctifs ») sont également recensés. Des violences particulièrement courantes chez certaines populations comme les réfugiés ou les travailleurs du sexe.

 

Faire évoluer les consciences

Présent depuis 2015 en Ouganda, Médecins du Monde s’appuie sur un partenariat local avec l’association MARPI (Most At Risk Population Initiative) pour soigner et faire évoluer les droits des personnes LGBTinfo-icon. Ainsi notre action repose avant tout sur de la prise en charge médicale, de la prévention et du plaidoyer.

Une équipe spéciale a été déployée à l’hôpital Mulago de Kampala pour former le personnel de santé local à la proctologie et en particulier au dépistage, au diagnostic et au traitement des condylomes anaux. Ces excroissances, comparables à des verrues, constituent la première maladie sexuellement transmissible en Ouganda (c’est également le cas en France, où 2 % des 20-30 ans sexuellement actifs sont touchés par cette ISTinfo-icon).

Le taux d’infection au VIHinfo-icon y est également très important. 13,2 % de la communauté gay serait contaminée (contre 7,1 % de la population générale) selon un rapport d’ONUSIDA publié en 2015. Or le niveau de connaissances sur le VIHinfo-icon/Sidainfo-icon et les autres ISTinfo-icon est encore très faible dans le pays. C’est pourquoi nous distribuons également du matériel de protection comme des préservatifs ou du lubrifiant.

À terme, notre objectif est de garantir aux personnes LGBTinfo-icon un droit d’accès aux services de santé en Ouganda. Pour cela, notre équipe et celle de MARPI prévoient d’étendre leurs activités à six hôpitaux de province. À la fois pour y améliorer le dépistage des ISTinfo-icon et la prise en charge des violences envers cette communauté.

 

Plaider pour la prise en compte des populations LGBTinfo-icon par les politiques de santé et pour l’abrogation des lois réprimant leur mode de vie est un combat essentiel. Cela passe avant tout par le soutien et l’autonomisation des associations et des hôpitaux locaux.

Nicolas Danicourt
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