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Vie de déplacés

Un enfant dans un camp de réfugiés en Irak ©Olivier Papegnies

Vie de déplacés

Les combats qui touchent depuis 2014 le nord et l’ouest de l’Irak ont conduit plus de 3 millions d’Irakiens à fuir de chez eux pour échapper à la progression rapide de l’organisation de l’État islamique. Près de la moitié d’entre eux se sont réfugiés au Kurdistan irakien et dans les régions avoisinantes. Kurdes, Yézidis, Assyriens ou Arabes, la plupart font le douloureux récit de déplacements forcés, d’exécutions sommaires, de décapitations, de viols, de châtiments corporels.

Pour répondre aux importants besoins humanitaires de ces personnes, Médecins du Monde intervient dans trois gouvernorats de l’Irak: Dohuk, Kirkouk et Ninive. Nos équipes proposent des soins de santé primaires, de santé sexuelle et reproductive (consultation pré et postnatales, accès à la contraception), des soins pédiatriques, du dépistage nutritionnel, des séances d’éducation à la santé et un soutien psychosocial. Dans ce pays déchiré par la guerre et les conflits, la santé mentale des personnes est en effet un des défis prioritaires des années à venir : les blessures de l’âme, comme celles du corps, doivent absolument être prises en charge.

Kalata Farahn

Séance de sensibilisation auprès des enfants © Olivier Papegnies
Séance de sensibilisation auprès des enfants © Olivier Papegnies

Les enfants apprennent à se laver les mains pour prévenir le risque de transmission de maladies dans le village de Kalata Farahn, dans le gouvernorat de Ninive, situé à 25 km de Mossoul.

900 déplacésinfo-icon (venant principalement de Tel Kaif et de Mossoul) et 300 habitants, essentiellement arabes sunnites, vivent dans ce village. Médecins du Monde fournit des services de santé aux populations locales et déplacées à travers une clinique mobile qui vient toutes les semaines.

 

 

Consultation médicale à Kalata Farahn © Olivier Papegnies
Consultation médicale à Kalata Farahn © Olivier Papegnies

Consultation médicale à Kalata Farahn.

Notre clinique mobile © Olivier Papegnies
Notre clinique mobile © Olivier Papegnies

Des patients viennent chercher leurs médicaments à la clinique mobile de Kalata Farahn

Chamisko

Camp de Chamisko, Irak © Olivier Papegnies
Camp de Chamisko, Irak © Olivier Papegnies

Le camp de Chamisko est le plus grand camp de déplacés du Kurdistan Irakien. Plus de 26 000 personnes (majoritairement des Yézidis) y sont installés dans des tentes. Entre 10 et 15 personnes vivent dans ce type d’abris. Ils ont accès à l’eau, à des toilettes et à des douches mais ont perdu tous leurs biens et n’ont pas de travail. L’ennui et le désespoir règnent bien qu’une ville semble s’être créée ici avec des commerces, un marché ou encore une école.

 

 

Camp de Chamisko, Irak © Olivier Papegnies
Camp de Chamisko, Irak © Olivier Papegnies

Le camp vu d’ensemble. Le décor est boueux car l’hiver est bien installé et les températures la nuit très froides.

Rassemblement dans le camp de Chamisko, Irak © Olivier Papegnies
Rassemblement dans le camp de Chamisko, Irak © Olivier Papegnies

Les hommes du camp se réchauffent au coin du feu en discutant de leur avenir qui demeure incertain.

Séance de prévention dans le camp de Chamisko, Irak © Olivier Papegnies
Séance de prévention dans le camp de Chamisko, Irak © Olivier Papegnies

Médecins du Monde est le seul acteur médical du camp. Des travailleurs communautaires délivrent des messages de prévention sur des pathologies, l’hygiène, la nutrition et orientent les personnes vers les services que proposent Médecins du Monde à la clinique du camp (consultations générales, gynécologiques, session d’écoute psychologique…).

 

 

Dans ces camps, les Yézidis sont leurs propres acteurs de soins : médecins, infirmières, psychologues, employés font partie du personnel du centre de santé. Ces derniers ont eux-aussi besoin d’un soutien pour faire face à l’atrocité des exactions commises par Daesh  sur ces populations, notamment sur les femmes et les enfants.

 

Lors d’une session de groupe sur le stress post-traumatique, Hairan, la travailleuse en santé mentale dans le camp de Chamisko, explique aux femmes les différents types de stress, les symptômes et donne des conseils afin de mieux le gérer. « Les déplacésinfo-icon doivent être suivis et accompagnés pour atténuer l’extrême souffrance à laquelle ils sont confrontés. Les maux de l’âme, comme ceux du corps, doivent être traités », confie Hairan.

Borek

Borek est un village de la région du Sinjar, en Irak © Olivier Papegnies
Borek est un village de la région du Sinjar, en Irak © Olivier Papegnies

Plus au sud, Borek est un village du Sinjar, occupé et attaqué par Daesh entre août et décembre 2014 puis libéré en 2015. Les services de base, tels que l’accès à l’eau potable, ne sont plus disponibles et de rares échoppes ont rouvert leurs portes.

 

À Borek, le silence est assourdissant : seul le centre de Médecins du Monde, qui propose des consultations et des sessions d’accompagnement psychosocial, semble animé. « Je suis heureuse d’avoir retrouvé ma maison mais tout a changé ici, c’est un village fantôme et ceux qui sont rentrés ont encore peur de Daesh. Rien ne sera comme avant désormais » explique Beshra, tout juste retournée dans son village natal. Des 5000 familles d’origines, 1200 sont de retour.

 

Les services de base, tels que l’accès à l’eau potable, ne sont plus disponibles.

Suleiman, un habitant de Borek, en Irak ©Olivier Papegnies
Suleiman, un habitant de Borek, en Irak ©Olivier Papegnies

 « Je mets mes compétences en électricité au service des gens du village qui viennent de revenir. Nous sommes tous solidaires après ce que nous avons vécu. Je leur mets à disposition le générateur pour qu’ils aient de l’électricité jusqu’ à 11 heures du soir. En ce moment, je répare un chauffe-eau pour que l’on puisse de nouveau avoir de l’eau chaude.

Quand Daesh était là, j’ai même crée un système pour allumer à distance la lumière et faire croire qu’il y avait des gardiens dans la maison pour éviter que les combattants nous pillent. Il n’y a plus que trois familles dans ma rue. Les gens ne sentent pas encore pleinement en sécurité. Daesh est de l’autre côté de la montagne », explique un habitant du village.

Des enfants dans la campagne de Borek, en Irak © Olivier Papegnies
Des enfants dans la campagne de Borek, en Irak © Olivier Papegnies

« Jusqu’à il y a quelques jours, je refusais de retourner à Borek car je ne me sentais pas encore assez en sécurité. La zone n’est pas encore totalement sûre ici. DAESH n’est pas loin, j’ai encore peur qu’ils reviennent car ils sont de l’autre côté de la montagne.

Je ne sais pas si j’arriverai à recommencer une nouvelle vie car c’est impossible de revenir en arrière. Beaucoup de gens sont partis ou ont été tués et on ne les reverra plus. On ne sait pas où ils sont, ce qu’ils sont devenus. C’est un village différent désormais. L’ambiance est lourde ici, pesante parfois. Ils ont détruit notre village. » Beshra, habitante de Borek

 

 

La salle d’attente du centre de santé à Borek © olivier Papegnies
La salle d’attente du centre de santé à Borek © olivier Papegnies

La salle d’attente du centre de santé à Borek, où les patients se font enregistrer avant d’être reçus par le personnel médical.

Les restes de l’école de Borek © Olivier Papegnies
Les restes de l’école de Borek © Olivier Papegnies

Les restes de l’école de Borek.

Aurélie Defretin
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