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Sortir du camp

Sortir du camp

À Kavala, au nord-est de la Grèce, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants réfugiés ont quitté le camp de Chalkero, situées à plusieurs kilomètres de la ville, pour s’installer dans un ancien site militaire en proche périphérie. Cette opération soutenue par Médecins du Monde est un premier pas vers leur réintégration dans la société.

Au-delà du soin

Consultations médicales, entretiens psychologiques, orientation des malades vers les hôpitaux et spécialistes… À leur arrivée en Europe, Médecins du Monde est la seule organisation humanitaire à proposer des services de santé, 5 jours par semaine, aux réfugiés de Kavala. « Leurs parcours augmentent les risques de problèmes psychosociaux et aggravent les symptômes psychologiques préexistants. Nous proposons des soins de premiers secours psychologiques et fournissons des conseils de base aux réfugiés présentant des symptômes légers. Dans les cas plus complexes, nous confions les réfugiés à des spécialistes tels que des psychologues cliniciens ou des psychiatres. », explique Dora Rebelo, coordonnatrice en soins psychosociaux pour Médecins du Monde.

Leurs parcours augmentent les risques de problèmes psychosociaux et aggravent les symptômes psychologiques préexistants.

Depuis plusieurs semaines, l’association intervient également en centre-ville pour soutenir l’intégration de ces personnes à la vie locale. Car si les souffrances provoquées par leur parcours migratoire sont encore vives, le poids de l’isolement et des conditions de vie dans le camp ne fait qu’accentuer leur mal-être. 

 

 

Médecins du Monde est présent 5 jours par semaine dans le camp pour soigner les réfugiés © Kristof Vadino
Médecins du Monde est présent 5 jours par semaine dans le camp pour soigner les réfugiés © Kristof Vadino

L’importance de vivre en communauté

« La santé mentale et les services psychosociaux dans les situations d'urgence vont au-delà du traitement des troubles observés, poursuit Dora Rebelo. Notre approche se concentre sur la communauté dans son ensemble, en cherchant à promouvoir des activités sur mesure qui peuvent renforcer la résilience et les mécanismes d'adaptation. »

Notre approche se concentre sur la communauté dans son ensemble.

Eleni Fotou, psychologue de Médecins du Monde à Kavala, ajoute quant à elle : « Les gens ici se sentent isolés, car beaucoup ont perdu leur rôle traditionnel au sein de leur famille. Proposer des activités permet de les aider à vivre une vie normale. »

Au delà des conditions de vie difficiles, c'est d'isolement dont souffrent les familles de réfugiés © Kristof Vadino
Au delà des conditions de vie difficiles, c'est d'isolement dont souffrent les familles de réfugiés © Kristof Vadino

La cuisine comme lien social

Parmi ces activités, Médecins du Monde a pris l’initiative d’organiser des cours de cuisine dans la ville de Kavala, en partenariat avec une association des femmes allemandes.

Lors de ces séances, les femmes du camp se joignent aux habitantes pour cuisiner ensemble, en échangeant conseils et recettes.

« C'est une excellente opportunité pour les réfugiés de sortir du camp et d'interagir avec les habitants de la région. Même pour ceux qui n'ont pas l'intention de rester ici, faire partie d'une communauté est très important », précise Eleni Fotou.

Faire partie d'une communauté est très important.

« Après l’atelier, les femmes nous ont invités à manger ce qu’elles avaient préparé. C’est très positif. Cela signifie qu'elles vont au-delà de l’activité. Elles sortent, achètent les ingrédients, préparent le repas et deviennent responsables d'un événement social. En Syrie, les réfugiés sont habitués à travailler, à payer leurs biens et à être des membres actifs de la société. Nous avons récemment supervisé une distribution de kits d’hygiène et d'articles de nettoyage. Certains ont mis en commun ce qu'ils avaient et sont revenus nous offrir quelques articles. Ils nous connaissent depuis longtemps, nous voient presque tous les jours et ils ne veulent pas être des bénéficiaires passifs de l'aide humanitaire. Ils nous ont offert une partie des kits parce que c'était la seule chose qu’ils étaient en mesure de nous donner ce jour-là. »

Les réfugiés ne veulent pas être des bénéficiaires passifs de l'aide humanitaire.

Ailleurs dans le camp, le personnel de Médecins du Monde distribue des tickets de bus pour permettre aux réfugiés de se rendre à l'hôpital et passer du temps dans la ville de Kavala. Ils leurs fournissent également des listes de mots et de phrases à utiliser en arabe, en anglais et en grec.  « Cela fait une différence, explique Anna Giovaniou, chef d’équipe de Médecins du Monde à Kavala. Parce qu'ils peuvent faire le voyage eux-mêmes, et interagir avec leurs voisins. Cela les aide à réaliser qu'ils sont libres et que c'est désormais ici chez eux… du moins pour quelques temps ».

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