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Démanteler sans rien dire

Démanteler sans rien dire

Le 7 mars 2016 ouvrait à Grande-Synthe le premier camp en France dédié à l’accueil digne des exilés. L’ouverture de ce camp semblait constituer un pas significatif vers l’élaboration d’une politique d’accueil humaine pour ces personnes victimes de multiples violences et traumatismes dans leur pays d’origine et au cours de leur parcours migratoire.

Au cours de ces derniers mois, les associations actives sur ce camp constatent pourtant que les principes d’accueil inconditionnel et de libre circulation posés lors de l’ouverture ne sont plus respectés et que les conditions d’accueil n’ont fait que se dégrader. Depuis trois mois, les hommes seuls arrivant à Grande-Synthe ne sont plus accueillis sur le camp, sans qu’il ne leur soit proposé de solution alternative. Depuis une semaine, nous sommes témoins d’un refus d’accueillir toute personne, y compris les femmes et les enfants, qui recherchent un abri à Grande-Synthe où il reste de la capacité d’accueil, toujours sans qu’il ne leur soit proposé aucune autre solution d’hébergement. Ce refus de nouvelles arrivées est reconnu par la mairie de Grande-Synthe. Les dispositifs évoqués par les autorités comme des solutions possibles sont saturés : qu’il s’agisse du dispositif du 115 ou des Centres d’Accueil et d’Orientation, aucune prise en charge n’est possible dans l’urgence.

 

 

Laisser ces familles sans aucune solution d’hébergement constitue une mise en danger de personnes objectivement vulnérables : femmes, enfants, nourrissons. Cette situation apporte une nouvelle fois la preuve de l’incapacité de l’Etat français à prendre ses responsabilités vis-à-vis des personnes exilées, y compris de celles en situation d’extrême vulnérabilité.

La situation à Grande-Synthe est une situation d’urgence humanitaire qui doit être prise en charge comme telle par l’Etat français. Nous dénonçons la politique actuelle mise en place par l’Etat sur l’ensemble du littoral Nord et dont l’objectif est de démanteler des camps sans qu’il ne soit proposé de solution alternative adaptée à leur projet migratoire. Nous refusons que les exilés paient le prix du calendrier électoral français.

Médecins du Monde Hauts-de-France, UNICEF France, Utopia 56, Auberge des Migrants, Terre d’Errance, ECNou, ADRA Dunkerque, ACCMV, SWK - Verein für eine Schonere Willkommenskultur, MRAP - Littoral Dunkerquois, Association Apprentissage des Adultes (Dunkirk Adult Learning), Elise Care, Cabane Juridique, Réveil Voyageur, Life For Gaza
Charity Refugees, UFAL Lille, CCFD Terre Solidaire, Diocèse de Lille, Fraternité Migrants Bassin Minier 62

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