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L’État français irresponsable

L’État français irresponsable

Dans le camp de Grande-Synthe, suite à une décision de la mairie et de la préfecture, l’accueil inconditionnel des personnes n’est plus respecté. Hommes, femmes et enfants qui cherchent un abri sont refoulés. Une nouvelle fois, l’État se montre incapable de prendre ses responsabilités vis-à-vis des exilés.

Les exilés mis en danger

Depuis plusieurs mois, les associations actives sur le camp de Grande-Synthe, dont Médecins du Monde,1 constatent que les principes d’accueil inconditionnel et de libre circulation ne sont plus respectés. Ces principes étaient pourtant posés dès l’ouverture du camp par les associations. Mais les conditions d’accueil n’ont fait que se dégrader.

Aujourd’hui, et alors même qu’il reste des capacités d’accueil sur le camp, les hommes seuls arrivant à Grande-Synthe ne sont plus accueillis. Pire, depuis une semaine, nous sommes témoins d’un refus d’accueillir toute personne, y compris les femmes et les enfants. Et aucune solution alternative viable ne leur est proposée.

L’État se montre à nouveau incapable de prendre ses responsabilités vis-à-vis des exilés

En guise de solution possible, la mairie de Grande-Synthe – qui reconnait par ailleurs le refus des nouvelles arrivées – renvoie les personnes qui se présentent vers des services déjà saturés. Le 115 ou les Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) sont en effet largement débordés et ne permettent aucune prise en charge dans l’urgence.

Livrées à elles-mêmes, sans solution d’hébergement, ce sont des familles entières qui sont littéralement mises en danger, et en premier lieu les plus vulnérables : les femmes, les enfants, les nourrissons.

Un démantèlement qui ne dit pas son nom

Pourtant, l’ouverture du camp de Grande-Synthe, le 7 mars 2016, semblait constituer un pas significatif vers l’élaboration d’une politique d’accueil humaine. Il s’agissait en effet du premier camp en France dédié à l’accueil digne des exilés, victimes de multiples violences et traumatismes dans leur pays d’origine et au cours de leur parcours migratoire.

Aujourd’hui, nous dénonçons la politique mise en place par l’État sur l’ensemble du littoral nord et dont l’objectif est de démanteler des camps sans qu’il ne soit proposé de solution alternative adaptée à leur projet migratoire.

Cette situation apporte une nouvelle fois la preuve de l’incapacité de l’État français à prendre ses responsabilités vis-à-vis des personnes exilées. À Grande-Synthe, nous faisons face à une véritable urgence humanitaire qui doit être prise en charge comme telle par les autorités, immédiatement.