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Les blessures invisibles

Les blessures invisibles

 

Prostré sous une couverture, Milad, jeune Afghan de 15 ans, a du mal à s’exprimer. La nuit précédente, il s’est fait littéralement tabasser par un groupe très bien organisé et extérieur au camp. Soigné à l’hôpital de Calais, il est retourné seul dans la « jungle ». Alors qu’il est en état de choc post-traumatique, nos équipes vérifient l’évolution de ses blessures, mais surtout l’écoutent et le rassurent. Non, tous les Français ne lui veulent pas du mal. Oui, il a droit à un avenir en Europe, loin du pays qu’il a dû fuir pour survivre.

L’histoire de Milad n’a rien d’exceptionnel. Nos bénévoles rencontrent tous les jours des personnes migrantes en grande souffrance psychologique qui, après toutes les horreurs vécues dans leur pays d’origine ou sur leur route migratoire, arrivent dans la jungle de Calais, complétement déboussolées. Que ce soit des femmes, des mineurs isolés, des familles ou des hommes, tous tentent de survivre dans ce bidonville que l’État ne veut pas gérer.

Après avoir soigné, accompagné et suivi des centaines de personnes dans notre dispensaire (du 29 juin au 30 septembre 2015, 6 127 passages ont été enregistrés et 5 166 consultations réalisées), nous avons décidé de nous concentrer tout particulièrement sur la santé mentale. Malheureusement, la prise en charge des blessures psychologiques demeure encore très en deçà des besoins constatés.

Quotidiennement, nos équipes, organisées en maraudes, vont vers les personnes vivant dans le bidonville. Elles écoutent leurs histoires, les informent, les conseillent mais surtout elles maintiennent un lien. La plupart du temps bénévoles, nos médiateurs, infirmiers, médecins ou encore psychologues se mobilisent sans relâche pour leur apporter leur aide et savoir-faire.

La prise en charge des blessures psychologiques demeure encore très en deçà des besoins constatés.

Dans la jungle de Calais © Olivier Papegnies
Dans la jungle de Calais © Olivier Papegnies

Henri, auparavant chef de mission au Mali, a décidé de s’investir pendant un mois à nos côtés, révolté par cette situation. Arrivé début janvier, il sillonne le camp de Calais pour s’enquérir des personnes récemment déplacées par les autorités pour installer une zone de 100 mètres entre l’autoroute et le camp. Impressionné par la capacité de ces habitants à se réorganiser aussi rapidement, Henri demeure inquiet. Les pouvoirs publics ont certes, après de longs mois de combat, mis en place un minimum d’infrastructures sanitaires, mais des familles entières arrivent encore, venant se heurter au rêve anglais. Il sait que toutes les nuits, des centaines de personnes vont tenter de partir vers une vie qu’ils espèrent meilleure. Très vraisemblablement, elles échoueront et, sans doute, elles seront victimes de violences civiles ou policières.

Nos équipes seront là pour les écouter et les accompagner dans leurs démarches, notamment si elles décident de porter plainte. Elles seront là aussi pour tous les Milad, ces mineurs isolés étrangers de plus en plus nombreux qui sont aujourd’hui les premières victimes de ce camp de la honte.

Un enfant jouant dans la jungle de Calais © Olivier Papegnies
Un enfant jouant dans la jungle de Calais © Olivier Papegnies
Lisa Véran
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