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Les Rohingyas passés sous silence

Arnaud Finistre

Les Rohingyas passés sous silence

Alors que le sommet annuel de l’ASEAN (Association des nations de l'Asie du  Sud‐Est) et celui de l’Asie Orientale (East Asia Summit qui regroupe 16 pays dont les Etats‐Unis, le  Japon, la Chine, la Russie, l’Australie, l’Inde en plus des 10 pays de l’ASEAN ) viennent de s’achever à Manille, Médecins du Monde déplore que la question des Rohingyas n’ait figuré ni à l'ordre du jour  ni dans les déclarations finales, bien qu’il s’agisse de la minorité la plus persécutée au monde.

 

« Suite à la prise de position de l’ASEAN fin septembre qui condamnait publiquement les violences en  Birmanie, nous  attendions de nouveau un positionnement régional sur la crise des Rohingyas. Malheureusement à l’issue de ce sommet qui aurait été l’occasion de réitérer cet appel, aucune mention n’a été faite sur la situation des Rohingyas victimes en Birmanie d’un véritable nettoyage ethnique qualifié comme tel par les Nations unies », déclare Gaël Austin Président de Médecins du Monde Japon.

 

Aucune mention n’a été faite sur la situation des Rohingyas victimes en Birmanie

 

Se basant sur le principe de non‐ingérence dans les affaires intérieures de ses membres pour éviter de  faire pression sur la Birmanie, L’ASEAN aurait pourtant un rôle déterminant à jouer dans la résolution  de cette crise à dimension régionale. « Face à l’urgence de la situation, nous, acteurs humanitaires, ne pouvons accepter ce silence. Le monde ne peut pas rester observateur des horreurs indicibles dont font  état les populations Rohingyas, tant celles restées en Birmanie que les centaines de milliers refugiées au Bangladesh ou dans les pays de la région », poursuit le Dr Françoise Sivignon, Présidente de  Médecins du Monde France.  

 

 

Plus de 800.000 Rohingyas ont fui la Birmanie pour se réfugier au Bangladesh. Il s’agit essentiellement de femmes et d’enfants ©Arnaud Finistre
Plus de 800.000 Rohingyas ont fui la Birmanie pour se réfugier au Bangladesh. Il s’agit essentiellement de femmes et d’enfants ©Arnaud Finistre

Médecins du Monde, qui appuie des partenaires locaux au Bangladesh pour apporter une aide médicale à ces populations, a dénoncé à plusieurs reprises le manque de réponse de la communauté internationale face à cette crise exceptionnelle tant par son ampleur, sa violence que sa complexité. Des milliers de personnes ont péri. 850.000 personnes ont fui l’enfer et des milliers d’autres continuent de fuir alors que des sanctions ciblées font cruellement défaut.

 

850.000 personnes ont fui l’enfer.

 

L'ONU considère les Rohingyas comme « la minorité la plus persécutée » au monde. ©Arnaud Finistre
L'ONUinfo-icon considère les Rohingyas comme « la minorité la plus persécutée » au monde. ©Arnaud Finistre

 

Le  peuple  Rohingya  était  déjà  sans  nationalité,  il  est  désormais  sans  terre,  sans  abri  et  sans  reconnaissance des exactions vécues.

 

Le  peuple  Rohingya  était  déjà  sans  nationalité,  il  est  désormais  sans  terre.

 

« Nous attendions des acteurs régionaux de l’ASEAN une forte implication dans la résolution de cette  crise  et  des  engagements  concrets  afin  d’assister, de  protéger et de  reconnaitre les  droits fondamentaux des Rohingyas. Au travers ce silence pesant, la communauté internationale dont les pays  de l’ASEAN, participent à une banalisation de l’intolérable. Ne rien faire n'est pas une option face à  l’une des plus grandes crises humanitaires actuelles » concluent Gael Austin et le Dr Françoise Sivignon.

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