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En attendant les pluies

En attendant les pluies

Le spectre de la dernière famine, qui a fait 260 000 victimes, ressurgit aujourd'hui en Somalie en raison d'un nouvel épisode de sécheresse. Près de 6,2 millions d'hommes, de femmes et d’enfants, soit plus de la moitié de la population somalienne, manquent déjà de nourriture. On estime à 1,6 million le nombre d'enfants souffrant de malnutrition aigüe. 225 000 d'entre eux pourraient trouver la mort s'ils ne sont pas pris en charge.

L'essentiel

La Somalie connaît deux saisons humides. Actuellement, c'est la période du 'Gu', qui dure d'avril à juin. Les précipitations devraient être 10 à 25 % moins importantes que la moyenne. La pluie améliorera provisoirement la situation, mais les pertes en termes de bétail sont déjà trop lourdes et trop de plantations sont détruites par la sécheresse. Ironie terrible, on pense que le 'Gu' entraînera des inondations à certains endroits, et avec elles, des cas de diarrhées sévères, de choléra, de rougeole et de paludisme, qui toucheront en particulier les enfants.

Les enfants d’abord

On estime à 40 000 le nombre d’enfants déscolarisés pour aider leur famille à chercher de l'eau, ou parce que celle-ci a fui vers une région plus riche en eau et en nourriture, où elle peut trouver une assistance médicale. Hawa Abdurashid accompagne son fils à l'hôpital de Bosaso. « La sécheresse touche tout le village, beaucoup de gens en souffrent. Quand notre bébé sera rétabli, mon mari et moi devrons rentrer. Nos deux autres enfants sont restés là-bas avec notre famille ». Médecins du Monde, qui intervient dans cette ville portuaire du nord-est de la Somalie, y soigne les enfants atteints de malnutrition aiguë.

Hawa Abdurashid et son fils, à l'hôpital de Bosaso ©MdM
Hawa Abdurashid et son fils, à l'hôpital de Bosaso ©MdM

Fadumo Abshir Geire, coordinateur programme de Médecins du Monde en Somalie, explique : « il arrive fréquemment que nos collègues dans les centres ou les unités mobiles rencontrent des enfants souffrant de malnutrition aigüe et de complications. Notre ambulance emmène les enfants et leur mère au service spécialisé de l'hôpital de Bosaso pour recevoir immédiatement un traitement alimentaire adapté. Pendant la durée de l'hospitalisation, la mère, ou un autre membre de la famille, peut rester aux côtés de l'enfant et recevoir également de la nourriture. »

Les enfants souffrent la plupart du temps de malnutrition aigüe et de complications.

« Je viens d'un village durement touché par la sécheresse, s'attriste une autre mère désespérée, contrainte de partager un lit d'hôpital avec sa fille. Ma famille a perdu tout son bétail et mon bébé est tombé malade. Il nous a fallu plus de 24h pour arriver à l'hôpital. Je suis ici depuis un jour, mon bébé continue de vomir et souffre d'autres complications ».

Au centre de soin ©MdM
Au centre de soin ©MdM

Des déplacés démunis

En périphérie du centre-ville de Bosaso et dans les villages alentour, près de 60000 Somaliens, ceux qu’on appelle les « déplacés internes », ont fui la famine qui sévit dans d'autres régions et trouvé refuge dans les nombreux camps mis en place. Si des familles entières s’y installent parfois, ils accueillent surtout des femmes seules avec leurs enfants, arrivés sans autre bagage que les vêtements qu'ils portent. Les hommes, quant à eux, restent généralement au village pour garder le peu de bétail qu'il leur reste.

Médecins du Monde intervient dans la zone afin d’offrir des soins aux déplacés, aux réfugiés et aux communautés d’accueil vulnérables, aussi bien en ville qu'en zones rurales reculées. Les centres de soins privés de la région sont bien trop chers pour les habitants. D’autant plus pour les Somaliens réfugiés dans les camps. Les centres de Médecins du Monde – dont quatre centres principaux ouverts 24h/24h – sont quant à eux entièrement gratuits et accessibles à tous. L'affluence est considérable : certains centres prennent en charge près de 50000 patients dont plus de 70 % viennent des camps.

Les centres de Médecins du Monde – dont quatre centres principaux ouverts 24h/24h – sont gratuits et accessibles à tous.

Médecins du Monde intervient  à Bosaso afin d’offrir des soins aux déplacés, aux réfugiés et aux communautés d’accueil vulnérables ©MdM
Médecins du Monde intervient à Bosaso afin d’offrir des soins aux déplacés, aux réfugiés et aux communautés d’accueil vulnérables ©MdM

Outre les consultations médicales et les soins, les équipes de Médecins du Monde supervisent les accouchements et fournissent des conseils en matière de santé sexuelle. Elles proposent également des sessions de sensibilisation quotidiennes afin de former la population à reconnaître les premiers signes et à intervenir face aux cas de malnutrition, de grossesse, de paludisme et de diarrhées sévères.

 

Un état de crise permanent

L'économie somalienne ne se remet toujours pas des décennies de guerre et des conflits qui continuent de sévir dans plusieurs régions, empêchant la reconstruction d'infrastructures pourtant vitales. Difficile pour les acteurs humanitaires, dans ce contexte, d’atteindre à temps les populations les plus exposées.

La population somalienne fait toutefois preuve d'une solidarité sans faille. Premiers à venir en aide aux victimes de la famine et toujours en première ligne de l'aide humanitaire, des étudiants, des hommes et des femmes d'affaires et des leaders religieux collectent et distribuent de la nourriture. Même dans les camps, les déplacés prennent soin des plus vulnérables d’entre eux et n'hésitent pas à partager le peu de nourriture qu'ils ont avec les mères de jeunes enfants. Ensemble, ils espèrent que les pluies seront abondantes et qu’ils pourront regagner leurs terres.

Jelle Boone
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