L. D. H. | Mon regard de photographe s’est formé sur les chemins de l’humanitaire. Quand on part sur le terrain pour une ON G dans le but de porter secours aux populations – ce qui a été le cas avec l’association Équilibre – on n’a pas la même distance qu’un photographe en quête de prises de vue “sensationnelles”. Je suis parti en tant que logisticien, chef de mission, coordinateur. J’ai croisé des regards, des parcours, de la souffrance. J’avais besoin de témoigner. Mais je ne cherchais pas à dénoncer en m’appuyant sur la pitié, ni à proposer des belles images sans âme. La proximité avec la personne victime m’a toujours permis de saisir l’essentiel. Elle rend la dignité au sujet et à son regard.
L. D. H. | Cela a été un concours de circonstances. J’avais déjà commencé à travailler sur la violence faite aux femmes bien avant de croiser MdM. Montrer la violence que subissent les femmes et les mères était une manière de dénoncer indirectement la détresse des enfants. Pendant deux ans, j’ai suivi le parcours d’une femme héroïnomane et atteinte du sida au Vietnam. Ce travail, je l’ai présenté à MdM au moment où le groupe thématique “Violences faites aux femmes” lançait un projet photographique pour témoigner de cette réalité. Mon métier est une forme d’engagement. MdM cherchait un photographe avec mon regard. Notre collaboration est née comme une évidence.
Propos recueillis par Giselda Gargano
Sommaire Journal des Donateurs N°98
GRAND ANGLE
EN DIRECT DE...
Guatemala : Avec les ouvrières des "maquilas"
Urgence Pakistan : 2 000 consultations mobiles par semaine
Haïti : Pluridisciplinarité fructueuse
Belgique : MdM parle avec les migrantes
Moldavie : Agir contre le trafic d'êtres humains
RENDEZ-VOUS - La vie de l’association
Comité des donateurs : deux donateurs au Népal
RENCONTRE
Lâm Duc Hiên, photographe humanitaire
MÉDIAS
Une installation photographique et sonore à partir des reportages de Lâm Duc Hiên pour dire les violences et témoigner des possibles reconstructions.

