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Après la tempête

3 mois après l'ouragan Matthew Commune des Abricots en Haïti © Olivier Papegnies

Après la tempête

Près de trois mois après le passage de Matthew, les stigmates de l’ouragan sont toujours aussi visibles dans les départements les plus violement touchés, la Grand’Anse et le Sud. Le système de santé, déjà très fragile, a sévèrement été ébranlé. Les moyens de subsistance manquent. Et pour se nourrir, les habitants de la péninsule sud d’Haïti dépendent largement de l’aide internationale. En réponse à cette urgence humanitaire, Médecins du Monde déploie des cliniques mobiles afin de rétablir l’accès aux soins dans les zones sinistrées.

Une grave pénurie alimentaire

Mardi 4 octobre 2016, une nuit apocalyptique pour des centaines de milliers d’Haïtiens. Infrastructures détruites, toits arrachés, arbres écimés, animaux tués, récoltes ravagées, le bilan matériel de l'ouragan Matthew est très lourd. Dans le département de Grand’Anse, qui compte 460 000 habitants, 90 % des maisons ont subi des dégâts. 70 % sont détruites.

La famine menace et les cas de malnutrition se multiplient.

Dans les jours qui suivent la catastrophe, les sinistrés se nourrissent des fruits tombés à terre – pamplemousses, fruits à pain - et de leur bétail décimé par l’ouragan. Aujourd’hui, ils n’ont plus rien. Les champs de bananiers, un des produits de base de l’alimentation haïtienne, ont été rasés par l’ouragan. Ils mettront plus de huit mois à produire à nouveau. La majorité de la population est dépendante d’une aide alimentaire qui peine à arriver dans les zones reculées. La famine menace et les cas de malnutrition se multiplient. Face à cette urgence, Médecins du Monde a mis en place des campagnes de dépistage et de prise en charge de la malnutrition chez les enfants âgés entre 6 mois et 5 ans. Les cas les plus sévères sont référés vers le service pédiatrique de l’hôpital Saint-Antoine de Jérémie, le chef-lieu de la Grand’Anse. Partiellement détruite par Matthew, cette unité a été réhabilitée par Médecins du Monde qui l’a équipée en consommables pour que les enfants, particulièrement vulnérables, puissent à nouveau y être soignés.

 

Parer à l’urgence sanitaire

D’ordinaire fragile - seulement 5 % du budget de l’État lui est dédié -, le système de santé haïtien a largement été affaibli par la catastrophe. De nombreux centres de santé et hôpitaux ont été détériorés. 46 % des structures sanitaires de Grand’Anse et 23 % de celles du Sud n’étaient pas utilisables mi-octobre. Dans la commune de Carrefour-Charles, l’étage abritant les logements du personnel soignant a été emporté par les vents. Aujourd’hui, l’accueil de nuit ne peut plus être assuré. En outre, l’état des routes rend encore plus compliqué l’accès à ces centres. Selon Pierre Giraudbit, responsable des opérations de Médecins du Monde en Haïti« les gens mourraient avant Matthew par manque d’accès aux soins, imaginez la situation aujourd’hui ». Pour parer à l’importance des besoins médicaux, en attendant que le système sanitaire se relève, l’État haïtien a favorisé la mise en place de structures de santé provisoires par des partenaires associatifs.

La gale est réapparue à la faveur de la catastrophe.

Ainsi, après avoir soigné et pris en charge près de 500 blessés dans les 7 jours qui ont suivi l’ouragan, Médecins du Monde a déployé progressivement six cliniques mobiles en Grand’Anse et trois dans le Sud. Elles sillonnent 60 villages en Grand’Anse et 30 dans le Sud, à raison de deux passages par mois. Plus de 6 700 personnes ont pu être prises en charge entre octobre et début décembre par nos équipes. Elles demeurent le seul relai sanitaire pour de nombreux villages isolés. Comme celui de Baptiste, situé près de la commune des Abricots, où les patients sont reçus dans les bâtiments de l’école encore debout. Les pathologies diagnostiquées sont nombreuses : hypertension artérielle, infections génito-urinaires, infections respiratoires aiguës, hyper-acidité gastrique et problèmes dermatologiques, comme la gale, qui est réapparue à la faveur de la catastrophe.

Depuis leur mise en place, nos cliniques mobiles ont également accueilli près de 200 femmes enceintes et des nouveau-nés. Comme Christaline, née dans l’après Matthew. À 15 jours, elle a pu être auscultée par un médecin pour la première fois et se faire vacciner. Pour affronter, auprès des siens, les nombreux défis qui attendent encore les habitants de ces départements dévastés.

Trois mois après le passage de Matthew, les stigmates de l’ouragan sont toujours aussi visibles ©Olivier Papegnies
Trois mois après le passage de Matthew, les stigmates de l’ouragan sont toujours aussi visibles ©Olivier Papegnies
Lisa Véran

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