Accueil > Publications > Publications > Les Rapports > A l'international > Lutter contre les Violences Liées au Genre
Lutter contre les Violences Liées au Genre
Depuis plusieurs années MdM met en oeuvre des actions de prévention et de réponse aux violences subies par les femmes dans 12 pays : Algérie, Égypte, France, Guatemala, Haïti, Liberia, Moldavie, Nicaragua, Niger, Pakistan, Pérou, République démocratique du Congo (Goma et Kinshasa). Ces interventions sont menées dans des contextes variés et concernent presque toutes les formes de violences perpétrées à l’encontre des femmes.
Des violences multiples
| Les violences liées au genre recouvrent une multiplicité de réalités, selon la nature de l’agression et selon la relation avec l’agresseur : elles peuvent être physiques, sexuelles ou psychologiques, mais aussi intrafamiliales, communautaires ou étatiques. |
Violences physiques et sexuelles :
elles entraînent de graves conséquences individuelles, sanitaires, psychologiques et sociales : la victime est souvent mise au ban de la société. Dans les zones de conflit, la violence sexuelle contre les populations civiles est souvent utilisée comme une arme de guerre.
Violences morales et psychologiques :
actes nuisibles à la santé mentale et affective d’un individu. Un abus de pouvoir et de contrôle sur la personne. Des violences souvent peu visibles lorsque non accompagnées d’agressions physiques.
Violences socio-économiques :
pratiques et lois discriminatoires limitant l’autonomie financière, les droits civiques, à la santé, à l’éducation ou au travail.
Traite des êtres humains :
en vue d’une exploitation sexuelle, de travail ou de mendicité forcée, de trafic d’organes.
Pratiques traditionnelles préjudiciables :
pratiques touchant à l’état physique et mental ou à l’intégrité corporelle : crimes d’honneur, mariages forcés, mutilations sexuelles, sélection pré- et postnatale, etc.
Une approche centrée sur l'implication des patientes
Une approche globale
L’engagement de MdM se fonde sur une réflexion globale visant à prendre en charge les femmes victimes de violences, mais également à sensibiliser, informer et former tous les acteurs concernés et les communautés. La problématique est donc abordée dans sa globalité, en prenant en compte, au-delà du geste médical, le contexte politique, social, économique, culturel et familial.
Une approche pluridisciplinaire
Les conséquences de la violence étant multiples, Médecins du Monde s’attache à développer une approche pluridisciplinaire. Si la prise en charge médicale et psychologique constitue le coeur de son action sur le terrain, MdM travaille à améliorer l’accès des femmes victimes de violences à une assistance juridique et à des services de réinsertion sociale.
Un travail en réseau
Médecins du Monde travaille en appui et de concert avec un réseau de structures locales partenaires, institutionnelles ou issues de la société civile. L’association cherche ainsi à donner aux populations locales les moyens de s’autonomiser et de lutter elles-mêmes contre les violences faites aux femmes.
La prise en considération des déterminants socio-culturels
Les déterminants socioculturels ont un impact sur les actions, les comportements mais avant tout sur les perceptions de chaque individu. L’importance devant être accordée aux représentations des violences par les populations, les acteurs de la prise en charge, mais également par les victimes elles-mêmes est un véritable enjeu, que l’on retrouve sur la plupart des programmes. Pouvant constituer une entrave à l’identification des victimes de violence, à des services de qualité ou encore à l’application effective des évolutions législatives, les déterminants socioculturels doivent être pris en compte, dès le diagnostic du projet, dans le choix des activités et des modalités de leur mise en oeuvre.
GUATEMALA
"Je m’appelle Myriam Gomez, je travaille dans une maquiladora. Je suis ouvrière, je travaille à la couture et je suis assise toute la journée. Cette usine est un peu rigide, elle met la pression sur le personnel. En ce qui concerne la santé, on travaille avec du tissu et tout type d’imprimé. On voudrait des masques et il n’y en a pas. Il n’y a pas de clinique, il n’y a pas de médicaments et quand on attrape la grippe, ou une forte fièvre, on nous dit de continuer à travailler. Lorsqu’on demande l’autorisation d’aller voir le médecin ou d’aller à la sécurité sociale, ils ne nous la donnent pas. Quand arrive la paie, on s’aperçoit qu’on nous vole, avec les heures supplémentaires qu’on ne nous paie pas. Si on forme un syndicat ou un groupe de personnes pour protester, alors ils nous licencient. Ce qui leur importe, c’est le travail, les objectifs et de pouvoir exporter, c’est ça une maquila. Ici, dans notre pays, il n’y a pas beaucoup d’activité économique. Si quelqu’un va dans une maquiladora, c’est toujours pareil, il est super-exploité, fatigué, épuisé quand il revient du travail. Mais c’est parce qu’on doit assurer nous-mêmes le revenu de notre famille, ainsi que celui de nos parents. Mais on le fait parce qu’on a besoin d’argent. J’ai étudié pour être promotrice de santé. Même si je ne comptais pas étudier, les discussions qui allaient être organisées m’intéressaient parce que, pour ma part, j’en avais marre qu’en tant que travailleuses de maquiladoras, on soit exploitées comme ça. Et cela m’a intéressé d’étudier pour notre santé et pour l’importance de nos droits en tant que travailleurs, quand nous écoutions le discours de toutes ces femmes diplômées, nous changions. Alors, on a changé d’avis sur ce qu’on doit faire : en premier, il y a notre santé et ensuite, le travail. Mais grâce à cette institution [Médecins du Monde], nous avons déjà fait des progrès sur notre santé, des progrès sur nos droits : on leur a mis le holà et on leur a dit : « Non ! Je ne veux pas, je ne peux pas ». Pourquoi ? Parce qu’on nous a appris à respecter nos droits."
