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La revue Humanitaire

Revue humanitaire n°21 - Fictions humanitaires - Avril 2009

Ce nouveau numéro inaugure une nouvelle « maquette » qui, nous l’espérons, saura satisfaire nos lecteurs fidèles et attirer de nouveaux « compagnons de route ». C’est tout le pari que nous faisons depuis le lancement de cette revue : être un lieu de débat sur l’humanitaire qui permette aux acteurs de confronter leurs pratiques aux analyses des chercheurs, pour le public le plus large possible.

SOMMAIRE


EDITO :

Le fond et la forme, par Boris Martin


RETOUR SUR... :
  • Pour une autre lecture de la guerre de Gaza, par Jean-François Legrain
  • Gaza, après la guerre, par Marie Rajablat


DOSSIER : FICTIONS HUMANITAIRES

Avec : Sylvie Brunel, Bruno David, Iegor Gran

  • « Somatographie », ou la possibilité d’une fiction humanitaire, par Denis Maillard
  • « Ma vie à Unhcr… », par Agnès Bidaud


TRIBUNE :
  • Soudan : scénario catastrophe pour l’humanitaire, par Pierre Salignon
  • L’avènement de l’eurodonateur ?, par François Rubio
  • La « citoyenneté biologique » : une préoccupation humanitaire, au risque de la biopolitique ?, par Olivier Bernard et Fabrice Giraux


ACTUALITÉS

Santé et actions humanitaires, par Florence Arnoux


REGARD DE PHOTOGRAPHE :

" 6 milliards d’Autres ", par Yann Arthus-Bertrand


LIRE, ÉCOUTER, VOIR :
  • Carnet de voyage au cœur de la justice internationale
  • L’adoption en question
  • Une ville née du désert
  • Marginaux planétaires d’archipels concentrationnaires
  • Que sais-je de la médecine humanitaire ?


 >> Le site de la revue Humanitaire : http://humanitaire.revues.org/


Editorial : Le fond et la forme

Par Boris Martin, rédacteur en chef


Les candidats au baccalauréat qui prépareront bientôt l’épreuve de philosophie le savent très bien : on ne distingue pas le fond de la forme. Ce que l’on dit a presque autant d’importance que la manière dont on le dit et dont on « habille » son propos. Cette nouvelle livraison, qui plus est printanière, de la revue Humanitaire réalise une synthèse de cette préoccupation.


Après bientôt neuf années d’existence, il était temps que la revue fasse peau neuve. Le numéro que vous tenez entre vos mains inaugure une nouvelle « maquette » qui, nous l’espérons, saura satisfaire nos lecteurs fidèles. Mais, et c’est là aussi notre vœu, nous espérons bien ainsi attirer de nouveaux « compagnons de route ». Réfléchir sur l’humanitaire n’est pas seulement affaire de spécialistes des ONG ou des organisations internationales. En tant qu’objet social désormais identifié, l’action humanitaire intéresse le plus grand nombre, comme en témoignent les multiples tribunes paraissant dans nos quotidiens. Réfléchir sur l’humanitaire n’est pas non plus se condamner à une mise en page austère. Dans la version précédente, nous avions déjà tenté de rénover le style trop souvent poussiéreux des revues, mais il nous fallait aller plus loin. Car c’est tout le pari que nous faisons depuis le lancement de cette revue : être un lieu de débat sur l’humanitaire qui permette aux acteurs de confronter leurs pratiques aux analyses des chercheurs, pour le public le plus large possible. Cela passe par une maquette dans laquelle chacun peut prendre plaisir à naviguer dans une matière parfois complexe. Nous nous sommes appuyés pour cela sur les résultats d’une enquête menée l’été dernier auprès de notre lectorat et à laquelle nombre d’entre vous a bien voulu répondre.


Comme vous pouvez le découvrir, la revue Humanitaire « nouvelle mouture » a fait le choix de la couleur en couverture. Le format, un peu plus grand et moins épais, offre une répartition plus harmonieuse du texte et donc une meilleure lisibilité pour une quantité de texte identique. Quant aux différentes rubriques, articulées bien sûr autour du « dossier » qui forme toujours la substance de chaque numéro, avec la désormais fameuse « table ronde » et ses articles, elles demeurent mais avec quelques aménagements et de nouvelles venues. La rubrique « Regard de photographe », hier réduite à un volet rabattable, devient un cahier de huit pages. Un dessinateur, Rash Brax, fait son entrée – et quelle entrée ! – avec la Rubrique à Brax, la bien-nommée. Quant à la rubrique « Tribune », nouvelle venue également, elle correspond au désir de donner la parole à ceux qui souhaitent affirmer une position, lancer un coup de gueule, répondre à un auteur ou mettre en lumière un fait d’actualité. Enfin, honnêteté et période de crise obligent, nous ne passerons pas sous silence ce que certains d’entre vous auront sans doute remarqué : la hausse du prix au numéro et celle, subséquente, du montant des abonnements. A vrai dire, le passage de 9,15 € à 10 € pour un numéro acheté à l’unité relève davantage de la simplification, même si cette hausse n’est pas négligeable. Quant au montant des abonnements, ils augmentent formellement car, principe de réalité oblige, nous demandons désormais une participation minorée aux frais de port, prélude – disons-le clairement – à l’intégration complète, l’année prochaine, des tarifs réels d’envoi dans le montant global. Autrement dit : profitez-en pour vous abonner ou vous réabonner dès maintenant !


Cette refonte de la maquette d’Humanitaire, dans le sens d’une revue plus agréable, plus accessible, mais qui n’abandonne rien – sur le fond – de sa ligne éditoriale, va dans le sens d’une démarche plus globale : nous essayons d’aller vers nos lecteurs, tout simplement. Et cela s’avère particulièrement ardu dans le domaine des revues de débat qui intéressent rarement les éditeurs (« pas rentables »), et pas toujours les libraires (« pas vendables »). Mais nous tenons à maintenir ce lieu de débat vivant et vivace dans lequel le thème de l’action humanitaire, en dehors de tout esprit de chapelle, puisse être pensé, muri et partagé par ses acteurs et ses observateurs.


La forme ne devant cependant jamais l’emporter sur le fond, ce nouveau dossier de la revue aborde un thème aussi passionnant que difficile.
Humanitaire et fiction, l’humanitaire en fiction… Dans ce vingt-et-unième numéro, la revue se propose de mieux comprendre les rapports qu’entretiennent la réalité de l’action humanitaire et l’imaginaire de la fiction. Après quarante ans de présence à l’étranger comme en France, sur le terrain et dans les médias, l’action humanitaire s‘est imposée à la conscience du public par le biais du témoignage (celui des acteurs et des victimes) véhiculé par la télévision ou la photographie, c’est-à-dire bien souvent à travers des images mises en scène, d’une manière ou d’une autre, à la fois par la communication des ONG et par les journalistes. Mais l’humanitaire est-il parvenu à traverser le miroir qui sépare la réalité de sa représentation, l’image de son reflet et finalement… le fond de la forme ? À vous d’en juger en parcourant cette nouvelle formule.