Accueil > Presse > Dossiers de presse > France > La santé n'est pas un luxe - une couverture maladie pour... > Un bilan amer : des améliorations globales mais des inéga...
Un bilan amer : des améliorations globales mais des inégalités qui s’aggravent
Un bilan amer : des améliorations globales mais des inégalités qui s’aggravent
| Au cours des 20 dernières années, des améliorations ont été enregistrées en termes de lutte contre la mortalité infantile. On est ainsi passé de 12,5 millions de décès en 1990 au niveau mondial par an à 8 millions en 2009, soit une réduction d’un tiers. De même, on comptait 550 millions de décès maternels en 1990 contre 358 000 en 2008. Il y a donc une amélioration très lente, trop lente pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sur lesquels la communauté internationale s‘est engagée pour 2015. Mais cette amélioration ne bénéficie pas aux plus pauvres et les inégalités, entre populations ayant accès aux soins et populations vulnérables, s’accroissent dans le même temps dans tous les pays. |
Inégalités face à la mort notamment pour les femmes et les enfants
- 22 000 enfants meurent chaque jour de causes qui auraient pu être évitées ou traitées. Un enfant africain sur huit meurt avant l’âge de 5 ans alors que le ratio est de 1 pour 167 dans les pays riches.
- Chaque jour, près de 1 000 femmes décèdent suite à des complications liées à la grossesse ou accouchement. Sur ces 1 000 femmes, 570 sont des femmes d’Afrique sub-saharienne, 300 sont d’Asie du Sud et 5 seulement des pays riches. En Asie et en Afrique, moins d’une femme sur deux bénéficie d’un soutien médical lors de son accouchement.
Pas ou plus de personnel soignant
- Dans des pays comme le Bénin, le Burkina Faso, le Libéria ou le Mali, on recense moins de 1 médecin pour 10 000 habitants. En France, on en dénombre plus de 30 pour le même nombre d’habitants. Au Niger, on compte 1 sage-femme pour 33 500 habitants, contre 1 sage-femme pour 3 300 habitants en France, soit un ratio dix fois plus élevé. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise au moins une sage-femme pour 5 000 habitants.
Inégalités financières colossales
- Les dépenses de santé entre les pays les plus pauvres et les pays les plus riches varient de 1 à 1 000. En moyenne, dans les pays les plus pauvres, les dépenses de santé ne dépassent pas 32 dollars par habitant et par an. Dans les pays développés, les dépenses de santé se situent autour de 3 000 dollars par habitant et par an.
- Les dépenses publiques nationales de santé varient entre 20 dollars par personne et par an et plus de 6 000 dollars : 6 dollars au Libéria, 8 dollars en Haïti, 9 dollars au Niger... et 2 900 dollars en France.
- 100 millions de personnes par an basculent dans la pauvreté en raison de dépenses de santé auxquelles elles ne peuvent faire face.
Des engagements non tenus
- L’engagement de la communauté internationale est de consacrer 0,7% du PI B à l’aide au développement des pays pauvres. Cet engagement n’est pas tenu : en 2010, la France consacre seulement 0,47 % de son PIB à l’aide au développement.En moyenne, les pays membres de l’OCDE (l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques), soit, les pays dits riches, consacrent en moyenne seulement 0,31% de leur PIB à l’aide publique au développement.
- L’OMS recommande que les pays donateurs consacrent 0,1% de leur richesse nationale à l’aide au développement en santé. Aujourd’hui, la France est loin du compte et devrait doubler son aide actuelle pour atteindre cet objectif.
- L’engagement des pays du Sud en matière de santé est trop faible. Les pays africains se sont engagés en 2001 à consacrer 15% de leur budget annuel à la santé. Aujourd’hui, seuls trois d’entre eux (Rwanda, Tanzanie, Libéria) respectent cet engagement. Pour les pays d’Afrique, la moyenne de la part du budget annuel consacré à la santé est seulement de 9,6% et 20 pays signataires de l’engagement de 2001 allouent à présent à la santé moins qu’ils ne le faisaient il y a neuf ans.
avril 2011
