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Le Libéria

Le Libéria


  • Au Libéria, une femme sur deux accouche sans assistance médicale et seules un tiers dans une structure de santé. La mortalité maternelle est donc parmi les plus élevées au monde : 1 000 décès pour 100 000 naissances. Moins de 10% de la population a accès à des services de santé de qualité et plus d’un enfant sur sept meurt avant l’âge de 5 ans.Médecins du Monde est présent depuis 2003 dans le comté du Bong, au nord du pays, et a développé un programme pour lutter contre les différents obstacles auxquels la population doit faire face pour se faire soigner : réhabilitation et accompagnement des structures de santé, formation, consultations et fournitures de médicaments.


  • L’éloignement géographique des structures de soins : 40% de la population vit à plus de cinq kilomètres du centre de soins le plus proche et il faut compter en moyenne plus de deux heures de marche pour l’atteindre. MdM soutient donc dix centres de santé de proximité du comté du Bong qui peuvent ainsi proposer un panel de soins complet (consultations médicales, suivi de grossesses, consultations de santé mentale...) Chaque année, plus de 100 000 consultations sont assurées ainsi que près de 2 500 accouchements. L’association a également participé à la réhabilitation d’un hôpital ayant vocation à devenir une référence pour la prise en charge des urgences obstétriques et néo-natales pour la région. Dans cette zone rurale où les distances dissuadent les femmes de venir accoucher dans un hôpital, nombreuses sont celles qui peuvent enfin être prises en charge dans une structure qualifiée.


Miriam, étudiante sage-femme à l’hôpital de Phebe


«J’étais infirmière pendant la guerre. Beaucoup de femmes mouraient des suites de leur accouchement. Je les voyais mourir mais je restais impuissante. C’est pourquoi j’ai décidé de suivre une formation de sage-femme après la guerre. Retourner sur les bancs de l’école a été difficile mais aujourd’hui, cela porte ses fruits. Je vais être fière de travailler lorsque je serai diplômée, de faire en sorte que les femmes accouchent en toute sécurité, de leur apprendre à s’occuper de leur bébé… Je veux transmettre aux autres mes connaissances.”

Directeur de l’hôpital de Phebe


Je suis directeur d’un hôpital mais aussi médecin et chirurgien. Je pratique la chirurgie depuis qu’il n’y a plus assez de médecins dans cet hôpital : il y en avait dix avant la guerre, et nous sommes maintenant quatre moi-inclus. Les personnes peuvent attendre 5 heures même en cas d’urgence. Pour tout le personnel soignant c’est la même chose, nous sommes seuls à un poste où nous devrions au moins être deux. On ne peut pas embaucher d’infirmières. Nous manquons de médicaments. Nous ne pouvons payer l’électricité donc nous allumons les lumières seulement la nuit. Là je pars à Monrovia mendier pour payer le fuel pour l’électricité.”


avril 2011