Accueil > Presse > Dossiers de presse > France > La santé n'est pas un luxe - une couverture maladie pour... > En France: une dégradation brutale
| Vulnérables, exclus, sans-papiers sont les premières victimes de la remise en cause d’un système social fondé sur la solidarité. Les attaques répétées contre les dispositifs d’accès aux soins des étrangers (l’aide médicale d’État) tout comme les évolutions engagées pour réformer l’assurance maladie, remettent progressivement en question notre système solidaire de couverture santé et cassent les dispositifs mis en place pour les plus précaires. |
Le reste à charge : un coût de plus en plus lourd
- Franchises médicales, déremboursements de certains médicaments, soins dentaires ou optiques trop chers…Touchée par la crise économique et ne pouvant faire face à des coûts de plus en plus lourds, une part croissante de la population retarde voire renonce aux soins. 6% de la population française ne disposerait pas de complémentaire santé : le plus souvent, des travailleurs “trop pauvres” pour payer une mutuelle mais “pas assez” pour bénéficier de la couverture maladie universelle complémentaire. 7.8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit 13% de la population française.
| 3 chiffres clés : la dégradation Brutale 2007 à 2009
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Une situation sanitaire aggravée par les expulsions répétées
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La politique liant sécurité et immigration menée par le gouvernement vient aggraver la situation sanitaire de populations déjà très vulnérables. Exclues et premières victimes de la crise, elles sont désormais les cibles désignées des politiques sécuritaires. La volonté des pouvoirs publics de précariser un peu plus ces personnes a des effets sur leur santé.
Expulsions répétées, démantèlement des lieux de vie, peur de se déplacer, conduisent les personnes sans-papiers à retarder voire à renoncer aux soins. Et les associations comme MdM à ne plus pouvoir assurer le suivi médical : les campagnes de vaccination d’enfants Rroms sont interrompues, le suivi des grossesses est mis en place avec retard, le traitement des maladies chroniques n’est pas assuré.
Les lois qui permettent d’assurer un minimum d’accès aux soins pour les personnes sans-papiers les plus pauvres sont aussi remises en cause. En mars, un droit d’entrée de 30 euros pour accéder à l’AME (aide médicale d’État pour les personnes sans-papiers vivant avec moins de 634 euros par mois) a été instauré. Un nouveau frein qui renforce l’éloignement des soins des populations déjà vulnérables. Un contre sens en matière de santé publique.
Migrants, demandeurs d’asile, sans-papiers, Rroms, personnes se prostituant, personnes vivant à la rue ou dans des squats… tous ceux que MdM soigne depuis plus de 25 ans sont désormais considérés par les pouvoirs publics non plus comme des personnes en grande précarité, mais, par un effet de glissement, comme des menaces. Cette politique de stigmatisation et de “criminalisation de la pauvreté” a des répercussions immédiates sur la santé et les conditions de vie de ces populations.
avril 2011
