La réinsertion socio-économique s’impose pour la plupart des femmes victimes de violences sexuelles. Rejetées par leur mari, leur belle-famille et dans le pire des cas par leurs propres parents, elles doivent trouver un logement et se reconstruire économiquement et socialement. C’est pourquoi plusieurs associations leur ouvrent les portes de formations professionnelles.
Depuis 2003, la réinsertion a concerné 250 personnes sur les 1016 cas que nous avons rencontrés. Ces femmes sont allées dans l’un des huit centres d’apprentissage pour se former selon leur choix à la savonnerie, à la cuisine, au tricot, à la broderie, à la couture, ou à l’agriculture. Les plus jeunes ont été réinsérées dans le système scolaire et certaines d’entre elles ont pu obtenir leur diplôme universitaire
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explique Mambo Zawadi de Sofepadi à Béni.
Dans les villages, la réinsertion socio-économique possède un second atout majeur. Elle permet aux femmes victimes de violences sexuelles de surmonter leur peur des champs car c’est souvent l’endroit où les viols ont été commis. Ces formations à l’agriculture participent autant à leur réinsertion socioéconomique qu’à leur guérison psychologique.
Je m’appelle Ayana. Quand la guerre a éclaté, des rebelles sont arrivés à Rutshuru et nous ont enlevées, ma mère et moi ; Ils nous ont emmenées en brousse et nous ont violées. Puis nous avons rencontré Charlotte de l’association PPSSP à Béni et elle nous a conduits jusqu’à l’hôpital où j’ai appris ma grossesse. J’ai accouché de deux jumeaux il y a deux semaines. Mon seul souhait pour l’avenir, c’est de faire de la couture pour apporter un peu d’argent à ma mère et à mes enfants.
Ayana, 16 ans
Il est important de commencer cette réinsertion économique en même temps que le suivi psychosocial car cela permet aux victimes de décharger leurs souffrances. Pendant les ateliers ou les formations, les filles peuvent échanger entre elles et envisager leur avenir. Le pire pour elles, c’est la stigmatisation.
Neema, 26 ans, conseillère psychosociale à PSM à Butembo
En reprenant goût au jardinage à l’intérieur du centre, les femmes vivant à Oïcha retrouvent peu à peu la force de retourner dans les champs pour subvenir à leurs besoins. C’est très important pour elles de surmonter cette épreuve. Elles ne doivent pas rester trop longtemps ici. Elles doivent à nouveau voler de leurs propres ailes et rejoindre leur communauté.
Nepa Nepa Mawazo, conseillère psychosociale de PPSSP à Oïcha
novembre 2009