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1 Accueil et prise en charge médicale

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Premier réflexe : le kit post-viol

La première préoccupation d’une victime de violences sexuelles est de savoir si elle est atteinte d’une maladie sexuellement transmissible et si elle est enceinte. C’est ce qui ressort des entretiens passés avec les conseillères psychosociales. « Notre première réaction est de la faire monter dans la salle d’écoute pour comprendre tous ses besoins » explique Elise Mbusa, infirmière et conseillère psychosociale de l’association Fepsi à Butembo. Si la femme arrive dans les 72h suivant le viol, un kit post-viol lui est prescrit. Il comporte des antirétroviraux, des antibiotiques, des tests de grossesse et la pilule du lendemain. Pour le VIH/Sida, des tests de dépistage doivent être renouvelés tous les trois mois. « On a traité plus de 300 cas de violences sexuelles depuis le début de l’année et je peux vous assurer que toutes les victimes d’une pénétration avaient une IST » observe Elise Mbusa. « Nous les traitons avec des antibiotiques pendant au moins deux ou trois mois. Mais nous avons aussi des cas de blessures à soigner, des fractures et des fistules ».


Les fistules

« Gérer une grossesse non désirée est déjà difficile mais lorsqu’il y a des cas de fistules, le problème est vraiment très douloureux. Je connais une femme qui a dû subir onze interventions chirurgicales et dont les fistules sont toujours présentes » explique Charlotte Riziki, conseillère psychosociale à Goma pour Heal Africa. Spécialisée dans la prise en charge médicale des victimes de violences sexuelles, cette association offre une hospitalisation gratuite à toutes les femmes au sein de l’hôpital qu’elle a implanté à Goma. Mais pour de nombreuses femmes vivant dans un village du Nord-Kivu, la prise en charge médicale est impossible dans les alentours.

J’habite sur le territoire de Masisi, à Walikale. C’est une zone où il y a beaucoup de violences car il y a beaucoup d’infiltrés de différents groupes armés. Je travaille dans une maison d’écoute pour l’association Ucode. C’est une maison souvent isolée, elle ne doit pas être située sur une route sinon la femme ne raconterait pas son histoire. La première chose à faire, c’est que la victime retrouve son estime de soi et qu’elle ne culpabilise pas. Si elle se présente dans les 72h suivant le viol, on la transfère au centre de santé pour qu’elle obtienne un kit PEP. Si le viol est plus ancien, on l’incite à réaliser un test de dépistage. Notre problème, c’est que la zone est enclavée. Nous avons du mal à toucher toutes les victimes et nous n’avons qu’un seul centre de santé pour toute la zone. Il faut parfois marcher pendant cinquante kilomètres et traverser une forêt avant d’y arriver ». Neppa, 42 ans, conseillère psychosociale pour l’association Ucode à Walikale

novembre 2009

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République Démocratique du Congo : le viol se généralise au Nord-Kivu