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Un travail commun avec les haïtiens

un travail commun avec les haïtiens


Une collaboration de plus de 20 ans


Médecins du Monde travaille depuis 1989 dans le pays en lien étroit avec les autorités sanitaires et les partenaires locaux : à Port-au-Prince, depuis 1994, sur la problématique de la violence. En partenariat avec l’association haïtienne URAMEL, MdM soutenait 5 structures de santé pour assurer la prise en charge des victimes de violences. Depuis plus de dix ans, à Cité-Soleil, MdM travaille dans l’hôpital Choscal sur la santé materno-infantile, la nutrition, la prise en charge du VIH/Sida et des violences.

Dans la région goâvienne, notre ONG apporte son soutien depuis plus de douze ans aux autorités sanitaires régionales et aux dispensaires ruraux dans les domaines des soins de santé primaires, de la santé materno-infantile et de la malnutrition infantile. Et dans le département de la Grande Anse, au Sud-Ouest de l’île, depuis 1989, MdM soutient 11 centres de santé sur des volets de réduction de la mortalité maternelle et infanto-juvénile.


Dès les premières heures, l’engagement des Haïtiens

« La volonté d’agir du personnel haïtien qui travaillait pour MdM depuis plusieurs années a été immédiate. Ils se sont mobilisés de façon spontanée pour appuyer la prise en charge des premiers secours. Leurs maisons s’étaient effondrées, certains avaient perdu des proches mais ils venaient travailler »


explique Ernesto Bafile, coordinateur du réseau international de MdM en Haïti

Médecins, infirmières, psychologues, dépisteurs nutritionnels, enregistreurs, animateurs de sensibilisation, ménagers, près de 1200 Haïtiens travaillent pour le réseau international de MdM. Juste après le séisme, de nombreux acteurs des projets antérieurs ont été remobilisés pour animer le volet psychosocial des cliniques mobiles de MdM.



Témoignages


« Je travaille pour MdM depuis 2008 sur le programme de prise en charge des victimes de violence. Depuis le séisme, je suis infirmière sur les différentes cliniques de MdM. Ce qui me motive, c’est de travailler pour la communauté. Ça me fait souffrir de voir les Haïtiens malades, c’est ma manière à moi d’aider. »

Sagine, 27 ans, infirmière haïtienne

MdM propose régulièrement des sessions de formation au personnel haïtien. L’objectif est d’améliorer la qualité du travail et de s’assurer que les dispositifs de soins mis en place par MdM pourront être repris dans le dispositif sanitaire haïtien de demain.



« Médecins du Monde ne va pas rester ici pour une éternité. Le travail est encore vraiment long à accomplir. Former les Haïtiens pour rester sur place, c’est une très bonne initiative. Nous, si on est formés on peut faire le travail en l’absence de MdM. C’est important pour les Haïtiens d’être impliqués dans la reconstruction du pays. »

Linda, 38 ans, infirmière superviseuse haïtienne


L’indispensable mais complexe collaboration avec les autorités sanitaires

Le séisme a mis à terre un système de santé très fragile et inéquitable. Pour faire face, le Ministère de la Santé haïtien a établi un plan intérimaire de reconstruction. Cependant un an après, malgré ses efforts, le plan avance trop lentement. Ce sont principalement les ONG qui gèrent la nouvelle urgence choléra. Le gouvernement haïtien, paralysé par le manque de financements promis par les États membres, a du mal à se relever et à initier une reconstruction du système de santé durable.

Depuis plusieurs années, les programmes menés par MdM dans la Grande Anse et à Petit Goâve fonctionnent en étroite collaboration avec les autorités sanitaires locales. Suite au séisme, Médecins du Monde a continué de s’inscrire dans cette démarche ; en lien avec les bureaux communaux, les différentes actions ont mises en place en fonction des données épidémiologiques, des zones prioritaires d’intervention définies et de la présence préalable d’autres acteurs de santé.

MdM travaille notamment avec le ministère de la Santé sur le volet psycho-social. « Les messages de sensibilisation que nous diffusons sont ceux établis par le ministère » indique Nicolas Grillet, coordinateur psycho-social du programme. « A chaque nouvelle initiative, nous essayons d’intégrer les autorités dans la réflexion et d’imaginer comment sur le long-terme les activités pourront être reprises ».
« A terme, les cliniques mobiles mises en place dans la phase d’urgence seront fermées pour passer le relais à des structures pérennes du système de santé haïtien » explique Alain Daniel, coordinateur général de MdM. « Dans le cadre de cette transition, MdM continuera certainement d’apporter un soutien logistique et un appui en ressources humaines. »


Plaidoyer en faveur d’un système de soins équitable


  • Haïti a besoin de se doter d’un système national de protection sociale en santé pérenne et étendu à toutes les structures de santé du pays.
  • Aujourd’hui, les difficultés d’accès aux soins se sont réduites grâce à la présence des acteurs humanitaires mais risquent de se représenter si des mesures pour la pérennisation de la protection sociale en santé ne sont pas adoptées rapidement…
  • Médecins du monde a vérifié sur le terrain lors d’une recherche-action (2006-2009) dans la Grande Anse l’impact très positif sur l’utilisation des services de santé de l’élimination de la barrière financière pour l’accès aux soins des femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans.
  • Depuis le séisme ce système a été étendu aux personnes déplacées/sans abri. Médecins du Monde, aux côtés du ministère de la Santé et des associations haïtiennes demande à ce que l’accès gratuit aux soins, au moins pour les plus vulnérables, soit financé et assuré de façon pérenne par les bailleurs internationaux.


Les besoins sur place sont immenses et notre présence est toujours nécessaire mais le rôle principal d’une ONG médicale n’est pas de travailler dans la substitution, avec une grosse équipe d’expatriés. Car pour aider à renforcer le système de santé local, il faut avant tout travailler avec les équipes nationales, les former, transférer notre expertise et nos compétences pour que nous puissions nous retirer, passer la main et que notre projet perdure.

Marc, médecin, coordinateur général


2) Rapidement, MdM a mobilisé ses ressources humaines et logistiques dans les zones où les équipes étaient présentes : Port-au-Prince, Petit et Grand Goâve, Nippes et Grande Anse.
© LAHCENE ABIB

décembre 2010