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Le chaos du choléra : après le séisme, l’épidémie

Le chaos du choléra : après le séisme, l’épidémie


Depuis fin octobre, Haïti doit faire face à une nouvelle crise : le choléra, maladie disparue depuis des dizaines d’années, se propage dans le pays. Mi-décembre, plus de 93 000 cas étaient recensés sur tout le territoire entraînant plus de 44 000 hospitalisations et plus de 2 000 décès.

Dès les premiers jours de l’épidémie, MdM a mobilisé ses ressources humaines et logistiques présentes à Port-au-Prince, Petit et Grand Goâve, Nippes et Grande Anse.



Dans la Grande Anse, département rural au Sud-ouest de l’île, MdM a mis en place 2 centres de traitement du choléra (CTC) d’une capacité d’accueil de 120 patients à Jérémie, de 50 lits à Moron. Du 22 novembre au 20 décembre, ces 2 centres ont admis plus de 2 600 cas avec une moyenne de 80 nouveaux cas par jour et ont enregistré plus de 80 décès. Face à la progression constante de l’épidémie, MdM a également mis en place 3 unités transitoires de traitement choléra (UTC) dans d’autres communes de la Grande Anse. Les équipes y prennent en charge les cas modérés par réhydratation orale ou intraveineuse, selon le degré de déshydratation, et transfèrent les cas sévères vers les CTC.

« L’épidémie est en train de flamber dans le département de la Grande Anse. Nous recevons chaque jour de plus en plus de cas. Le centre de traitement de Jérémie est débordé, certains patients sont deux par lit ou installés à même le sol »

, témoigne Myriam Pomarel, coordinatrice médicale de Médecins du Monde.

Les équipes de Médecins du Monde sillonnent également 11 communes de la région pour sensibiliser la population. L’objectif est avant tout de faire connaitre la maladie afin d’éviter toute scène de panique et d’inciter les personnes présentant les symptômes du choléra à se rendre le plus rapidement possible dans les centres de santé.

A Port au Prince, 8 UTC ont été installées, la plupart directement intégrées aux cliniques de MdM dans les quartiers de sinistrés et les camps. Accueillant les malades sous une tente d’isolement, les équipes MdM prennent en charge les cas modérés et transfèrent les cas sévères vers des CTC. Plus de 1 400 cas ont déjà été pris en charge. En lien étroit avec les autorités de santé haïtiennes, MdM a également mis en place un centre de traitement du choléra (CTC) d’une capacité de 40 lits dans le quartier de Carrefour feuille -Sanatorium.

Afin d’endiguer la propagation de l’épidémie, les crieurs de MdM continuent de diffuser dans les bidonvilles et les camps des messages de prévention et d'hygiène à respecter.

« Notre ONG s’occupe aussi de la décontamination des maisons des personnes qui ont eu le choléra, pour protéger leur famille. Mais l’équipement de décontamination fait peur (masque, combinaison), il faut expliquer que ce n’est pas pour se protéger du choléra mais du chlore qui sert à stériliser un lieu potentiellement contaminé »

, explique le Dr Ucème médecin à la clinique de Solino.
Dans la région Goâvienne et dans les Nippes, 2 centres de traitement (CTC) ont été installés dans les villes de Petit Goâve (d’une capacité de 50 lits) et Grand Goâve (80 lits). 2 unités de traitement (UTC) sont également en place dans les Nippes (15 lits) et Petit Goâve (6 lits). Plus de 300 cas ont été pris en charge.



Témoignages


« Ma fille de 4 ans a des diarrhées, j’ai entendu à la radio qu’il y avait un centre de traitement du choléra à Chapi alors je suis venue. Dans mon quartier, il y a souvent desagents de santé qui passent pour informer les gens, dire ce qu’il faut faire pour éviter d’attraper la maladie. »

Antoinisse, 30 ans, 5 enfants – Port au Prince


« Le nombre de consultations dans les cliniques s’est stabilisé 3 à 4 mois après le séisme, bien sûr avec le choléra, nous connaissons une nouvelle augmentation. Une crise de choléra dure en moyenne 3 mois, mais l’on sait qu’à Cité Soleil, cela risque d’être plus long à cause des conditions sanitaires. On travaille beaucoup sur la prévention communautaire. Les gens de la communauté qui sont formés sont à même de prendre en charge des cas modérés directement sur les lieux de vie. »

Marc, médecin, coordinateur général

décembre 2010