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Depuis un an, faire face aux besoins vitaux
Depuis un an, faire face aux besoins vitaux
| Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,3 terrasse Haïti faisant plus de 250 000 morts, environ 300 000 blessés et 1,3 million de sans-abri. Un an après, Port-au- Prince et ses environs portent encore les stigmates du tremblement de terre qui les ont ravagés. Monceaux de gravats au bord des routes, maisons mille-feuilles, camps de déplacés dispersés dans la ville, des milliers d’Haïtiens vivent toujours dans des conditions très difficiles et la reconstruction tant espérée tarde à venir. |
Premières semaines d’urgence : priorité à la chirurgie et aux soins vitaux
A Port-au-Prince, dès le 14 janvier, les équipes de MdM déjà présentes sur place ont commencé à distribuer des médicaments essentiels à l’hôpital central de la ville et à l’hôpital Choscal à Cité-Soleil. Dans la semaine suivant le séisme, MdM a acheminé du matériel logistique et médical, ainsi que deux équipes de personnels médicaux en renfort.
Plusieurs centaines d’interventions chirurgicales ont été assurées à l’hôpital général universitaire de la ville, à l’hôpital de Choscal et dans le quartier de Sonapi. Consultations médicales, soins infirmiers et transferts vers l’hôpital général ont aussi été proposés dans six quartiers de la ville où se regroupaient massivement les sinistrés, en lien avec des partenaires locaux.
A Petit Goâve, MdM a apporté dès les premiers jours son soutien aux dispensaires, à la maternité et au service de pédiatrie de l’hôpital.
Dans la Grande anse, fuyant la capitale, 120 000 personnes déplacées avaient trouvé refuge dans ce département épargné par le séisme. Présent depuis 1989 dans cette zone, MdM a élargi son programme de santé publique communautaire pour assurer la prise en charge des déplacés et des familles les accueillant. Depuis les premières semaines, 11 centres de santé de la région proposent un accès aux soins gratuit à l’ensemble de la population.
Compenser le manque d’accès aux soins
Hôpitaux surchargés, cliniques privées inaccessibles financièrement, avant le séisme, la moitié de la population n’avait pas accès aux soins. La présence des ONG médicales a permis à des dizaines de milliers d’Haïtiens de bénéficier d’une réelle amélioration de l’accès aux soins.
Implantée au cœur d’un bidonville, la clinique Médecins du Monde de Mahotière, à l’ouest de Port-au-Prince, accueille jusqu’à 200 patients par jour. Consultations médicales, de santé reproductive, vaccination, dépistage nutritionnel, distribution de médicaments..., les équipes de MdM proposent un accès aux soins pluridisciplinaires. Le docteur Emmanuel y travaille depuis 7 mois « La présence de MdM est fondamentale. Avant pour aller à la consultation, certaines personnes mettaient deux à trois heures. La majorité des habitants n’ont pas d’argent, ici tout est gratuit ».
A Port-au-Prince, ce sont 9 cliniques de ce type qui ont été installées à partir de fin janvier au plus proche des communautés, dans les camps de déplacés ou les bidonvilles. Un an après, 8 d’entre elles fonctionnent toujours : Afca, Canapé-vert, Cité-Georges, Mahotière, Saint Marc, Saint Michel, Saieh et Solino. Depuis 9 mois, plus de 130 000 consultations y ont été assurées. A Cité-Soleil, plus vaste bidonville de Port-au-Prince, 4 autres cliniques mobiles sillonnent 16 camps de déplacés et quartiers et y assurent près de 1 300 consultations par semaine.
Infections respiratoires, diarrhées aqueuses (hors choléra), pathologies cutanées, malaria et IST (infections sexuellement transmissibles) sont les pathologies les plus rencontrées, elles sont liées aux conditions de vie très précaires : difficulté d’accès à l’eau potable et promiscuité.
Au-delà des consultations générales, MdM a choisi de porter une attention particulière à la santé reproductive. Dans chaque clinique, une sage-femme assure suivi de grossesse, suivi de vaccination, consultations post-partum, gynécologiques et planning familial. « Sur le long terme, le but est de faire prendre conscience aux femmes enceintes qu’il y a des risques pour elles et leur enfant, que l’accouchement dans les institutions est essentiel pour limiter les complications » explique Justine Bertel, sage-femme.
Suivi psychologique et prise en charge des victimes de violences
Dans la vallée du Bourdon, à Port au Prince, Marc-Edouard parcourt les différents quartiers situés autour de la clinique de Canapé-vert. il informe en masse les populations : « MdM assure des consultations gratuites tous les jours, les enfants qui ont de la fièvre, qui n’ont pas d’appétit doivent venir à la clinique pour être dépistés... ». Crieur engagé par MdM, il évoque également la problématique des violences, en incitant les victimes de viol à venir consulter un médecin dans les 3 jours suivant l’agression. Depuis un an, plus de 850 personnes victimes de violences (violences générales, agressions sexuelles, violences conjugales, maltraitance de l’enfant, violences liées au genre) ont été prises en charge dans les hôpitaux soutenus par MdM. 75% étaient des femmes essentiellement victimes de violences sexuelles.
Les messages de sensibilisation sont répétés quotidiennement. « C’est essentiel de faire ce travail chaque jour. Nous nous sommes aperçus que lorsqu’on arrêtait la prévention dans les camps et les bidonvilles, le nombre de consultations diminuait au niveau des cliniques » explique Nicolas Grillet, coordinateur psycho-social. Déjà présent sur la thématique de la violence en Haïti depuis 1994, MdM a rapidement choisi de mener des activités psycho-sociales au sein des cliniques mobiles. Plus de 100 Haïtiens travaillent sur ce volet pour MdM : travailleurs sociaux, sensibilisateurs, animateurs, psychologues… Des groupes de paroles et des écoutes individuelles sont proposés chaque jour au sein des différentes cliniques. Près de 17 000 patients ont déjà eu recours à ces activités.
Focus sur les femmes enceintes et les enfants
Les équipes concentrent particulièrement leur travail auprès des enfants de moins cinq ans et des femmes enceintes. nos cliniques reçoivent en moyenne 20 % d’enfants de moins de cinq ans et 12 % de femmes enceintes chaque semaine. Dans la région Goâvienne, MdM apporte son soutien à l’hôpital notre Dame de Petit Goâve: formation du personnel de santé (gynécologues, sages-femmes, assistants de santé), approvisionnement en médicaments et équipements médicaux, réhabilitation de bâtiments. MdM appuie également 10 autres structures de santé dans les zones rurales pour assurer la prise en charge de la malnutrition ainsi qu’un accès aux soins des populations les plus isolées.
Témoignages
Dominique, 20 ans, habitant de Cité Soleil
Eddy, responsable haïtien de la clinique basée dans le camp de Solino.
Simon, 32 ans, animateur haïtien de groupe de parole à Canapé-Vert
Charles, médecin, coordinateur médical ”
décembre 2010
