Accueil > Presse > Dossiers de presse > A l'International > Papouasie- Les habitants des hautes terres oubliés. > 2 / Le statut de santé
La Papouasie a l’espérance de vie la plus brève du pays, et ceci est particulièrement vrai pour les femmes, avec 50,3 ans, contre 72 en moyenne nationale.
Les principales pathologies présentes dans ce district sont la diarrhée et les problèmes intestinaux dus à un manque d'hygiène (36 % des patients), les maladies respiratoires (30 %), la pneumonie (8 %) et les infections sexuellement transmissibles (3 %). Dans un tel environnement, où les habitants vivent dans des conditions sanitaires dangereuses et souffrent de malnutrition chronique, ces maladies peuvent rapidement devenir mortelles.
La santé maternelle et infantile.
La province de Papouasie a le taux de mortalité infantile le plus élevé d'Indonésie. Dans le Puncak Jaya, on dénombre environ 75 à 150 décès pour 1 000 naissances (la moyenne nationale est de 34/1 000 naissances) et entre 500 et 1 000 décès maternels pour 100 000 naissances.
Dans le respect de la culture Dani, les femmes doivent accoucher dans leur village et non dans un centre de santé. En 2009, seules 15 % des femmes du district de Puncak Jaya ont donné naissance dans des centres de soins.
MdM dispense dans les communautés et auprès des sages-femmes locales une éducation sexuelle et reproductive adaptée à la perception de la grossesse et de l’accouchement des Dani de l’ouest.
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Le VIH/Sida et les infections sexuellement transmissibles (IST) sont sous-estimés et demeurent un tabou.
Les IST et le VIH sont de toute évidence sous-estimés car le sujet reste tabou du fait de l’absence de personnel de santé qualifié en la matière. Le Sida progresse et s’étend rapidement en Papouasie.
Selon la Commission nationale sur le Sida, 3,2 % de la population des plateaux de Papouasie sont infectés par le virus (la moyenne nationale est de 0,2 %), et les experts estiment que le taux pourrait dépasser les 5 % en 2011.
Il y a, dans le district de Puncak Jaya, un véritable besoin d’informations exactes sur les IST et le VIH/Sida. Les quelques Dani de l’ouest qui sont à l’aise avec le sujet du Sida le perçoivent comme une autre IST : une maladie à la fois nouvelle et importée. Ils savent que le Sida se transmet sexuellement, qu'il vient des régions côtières et urbaines et qu’il peut être mortel.
La sensibilisation aux questions sanitaires est rendue difficile du fait du très faible niveau d'instruction de la population locale des plateaux de Papouasie. La plupart des habitants ne parle que très peu l’indonésien, et le personnel de santé qui ne parle pas la langue locale a dès lors beaucoup de mal à dispenser une éducation à la santé.
Le personnel de santé qui est affecté dans les centres sanitaires n’est pas formé à la question du VIH/Sida.
Les unités de CDV (Conseil et dépistage volontaires) ne sont que rarement ouvertes, et ne proposent généralement pas de dépistage ni de traitement du VIH. La majorité du personnel étant composée de migrants, la population papoue ne leur fait pas confiance et se tourne vers les médecins traditionnels de leurs villages.
Les documents d’IEC (Information, éducation et communication), particulièrement ceux sur le VIH/Sida, ne sont pas adaptés aux aspects socioculturels de la population des plateaux : ils contiennent, par exemple, trop de texte en indonésien et seulement quelques photos. Cela entraîne un manque de représentation pour la population autochtone peu instruite et dont les croyances traditionnelles sont fortes. Les habitants estiment que seules les personnes représentées sur les documents peuvent avoir le Sida, que les messages ne les concernent pas et la stigmatisation des personnes souffrant du Sida continue ainsi de se développer.
| Kaberi, 30 ans, sage-femme au centre de santé communautaire du district, formée par Médecins du Monde. « Nous organisons des sessions de santé maternelle et infantile dans différents villages plusieurs fois par semaine. Nous examinons les bébés, les pesons et surveillons leur nutrition, nous recevons les femmes enceintes pour des consultations et vaccinons les bébés de 6 à 9 mois, ainsi que les femmes enceintes. Nous avons également commencé des séances d’informationsur le VIH/Sida et l’utilisation du préservatif, car nous savons que le VIH est une épidémie en Papouasie, et même sur les plateaux. Nous manquons malheureusement de ressources et ne pouvons intervenir régulièrement, ou devons le faire après notre travail. Il nous faudrait également du matériel adapté au contexte papou afin que les informations soient mieux reçues par les communautés locales. » |
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août 2010
