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1/ Une population isolée et marginalisée.

1/ Une population isolée et marginalisée.


Les conditions de vie sur les plateaux sont basiques, contrairement aux régions urbaines et côtières de la Papouasie. La majorité des familles du groupe ethnique des Dani, qui constitue la majorité des Papous aborigènes sur les plateaux, vivent dans une honaï : une hutte traditionnelle en bois, couverte d’un toit de chaume sans ouverture ni cheminée. Les habitants se chauffent et cuisinent en faisant un feu au milieu de la hutte, qui est dès lors constamment enfumée et peut entraîner des problèmes d’ordre respiratoire.

Une économie qui repose sur les migrants : Les Dani de l’ouest ont un régime alimentaire essentiellement végétarien et ils cultivent patates douces, fruits et légumes. Dans le district de Puncak Jaya, les petites entreprises, principalement situées dans la capitale du sous district de Mulia, ainsi que les seuls moyens de transport (les motos-taxis), appartiennent à des migrants d’autres provinces d’Indonésie. Les emplois stables, tels que ceux des fonctionnaires, sont également majoritairement occupés par des migrants.

 
 


L’éducation de base est un défi : il y a des écoles primaires et secondaires dans la capitale du district. Très peu de villages disposent d'écoles, et les enseignants (principalement des migrants ou des Papous qui ne sont pas des plateaux) ne restent pas longtemps à leur poste, du fait des conditions de vie. La majorité des gens ne parle que très peu l’indonésien.

Bien que la majorité des Dani de l’ouest dans le district soient chrétiens, ils adhèrent à une structure sociale traditionnelle qui repose sur les liens de famille et de sang. La polygamie est une pratique acceptée tant que le mari peut payer la dote, une maison, des porcs et un terrain pour y cultiver un potager. Les hommes vivent dans un honaï, alors que les femmes et les enfants vivent dans des honaïs séparés.

Bien que les habitants de Mulia portent maintenant des vêtements modernes, les étuis péniens/koteka des hommes et les jupes traditionnelles des femmes sont encore largement portés.


Yomi, 26 ans, villageois de Puncak Jaya

« Lorsque l’on vit dans les villages, il nous faut marcher pendant plusieurs jours pour atteindre le centre de santé de la capitale du district. Il n’y a pas de personnel sanitaire dans les villages. Nous avons bien des travailleurs médicaux communautaires, mais s'il nous faut davantage d'assistance médicale, nous devons aller jusqu'à la capitale du district. C'est pour cela que les gens meurent dans les villages. Et particulièrement lorsqu’ils tombent malades et qu’ils sont trop faibles pour se déplacer.

Lorsque les malades atteignent finalement le centre de santé, ils ont du mal à communiquer avec le personnel sur place car celui-ci ne parle pas notre langue locale. Lorsqu’il y a un ou une infirmière locale sur place qui peut servir d’interprète, le médecin peut alors nous transmettre les informations de santé ou d’hygiène nécessaires. Mais nous ne pouvons souvent pas mettre ces informations en pratique parce que nos vies sont si différentes. Se laver les mains avec du savon, par exemple : nous n’avons pas de savon au village, et la plupart des villageois ne savent pas ce que c'est que le savon.

En général, quand nous tombons malades, un mal de tête par exemple, nous taillons la peau de notre front avec une lame de rasoir pour faire sortir le mauvais sang. C’est ainsi que nous faisons depuis toujours. Le personnel de santé n’est pas au courant de ces croyances, mais nous aimerions avoir leur avis pour savoir si c’est une bonne chose à faire ou non. »

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août 2010