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3 – Des responsabilités partagées Nord – Sud
3 – Des responsabilités partagées Nord – Sud
Face à la situation déplorable des systèmes de santé dans les pays du Sud, les bailleurs internationaux et les pays en développement ont une responsabilité partagée.
AU SUD : UNE IMPLICATION RELATIVE
Dans les pays du Sud, la priorité donnée à la santé relève avant tout d’une volonté politique. En Afrique, seuls cinq pays (Botswana, Burkina Faso, Liberia, Malawi et Rwanda) ont pour le moment respecté la promesse faite par les Etats du continent lors de la conférence d’Abuja en 2001 d’allouer 15% de leurs dépenses publiques à la santé. Or 15% d’un budget réduit est peu et cela ne suffira pas à atteindre les OMD santé. Pour que l’engagement d’Abuja soit respecté par de nouveaux Etats, d’autres sources de financement sont indispensables.
AU NORD : UN ENGAGEMENT TROP FAIBLE
Les pays riches doivent considérablement augmenter l’aide publique au développement (APD) en matière de santé pour atteindre les objectifs fixés pour 2015. En 2001, l’OMS recommandait de quadrupler cette aide d’ici à 2007 en consacrant 0,1% de leur revenu national brut à l’APD santé.
Mais à l’heure des bilans,les promesses n’ont été que partiellement réalisées. Les 50 milliards de dollars pour l’aide au développement promis lors du Sommet du G8 à Gleneagles en 2005 ne se sont toujours pas concrétisés. Le doublement de l’aide à l’Afrique est resté lettre morte : entre 2005 et 2008, cette aide n’a augmenté que de 10%.
Si la part réservée à la santé pour l’APD en général a augmenté (entre 2000 et 2006,le total de l’APD en santé a doublé pour atteindre 16,7 milliards de dollars) on est loin des 27 milliards de dollars recommandés par l’OMS en 2001. La France, censée être un pays moteur en matière d’aide au développement, est très en retard sur ses promesses.
| QU'EST-CE QUE L'APD ?
L’Aide Publique au Développement désigne l’ensemble des financements (dons, prêts à taux avantageux) et des ressources en nature (assistance technique, aide alimentaire) prévus au budget des Etats riches pour être transférés dans les pays en développement. La critique de l’APD se focalise trop souvent sur les clichés : corruption, conflits d’intérêts, etc. Pourtant, l’aide publique au développement parvient le plus souvent à son objectif de lutte contre la pauvreté et d’accès aux services essentiels. Elle est efficace lorsqu’elle répond réellement aux besoins des populations et comprend la participation des organisations de la société civile, notamment pour en vérifier l’application. Dès 1970, les pays riches se sont fixés comme objectif d’accorder au moins 0,7% de leur revenu national brut à l’APD. 40 ans plus tard, ces objectifs sont loin d’être atteints. Pour atteindre les objectifs établis en 2005 lors du sommet du G8 de Gleneagles, il manque aujourd’hui 21 milliards de dollars. |
LA FRANCE A LA TRAINE
L’APD française en terme de santé est une parfaite illustration : si le pays a fortement augmenté sa contribution au secteur santé depuis 2002 (l’APD santé représentait 12% du total de l’APD française en 2007 contre 5% en 2000), cette hausse reste insuffisante pour atteindre les OMD santé en 2015.
Ainsi, les frais d’écolage (bourses attribuées aux étudiants étrangers en médecine en France), l’Aide médicale d’Etat ou encore les dépenses relatives au système de santé des armées sont comptabilisées dans l’APD santé française alors que les pays du Sud ne bénéficient pas réellement de ces dépenses.
Pour en savoir plus :
Fiches 9, 10, et 11 du dossier complémentaire
OMS (Commission Macroéconomie et Santé), Macroéconomie et santé : investir dans la santé pour le développement économique, novembre 2001.
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mars 2010
Dossier de Presse Campagne "non-assistance à mère en danger"
