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Urgence Haïti : Nos équipes témoignent

Les équipes chirurgicales de Médecins du Monde continuent d’opérer à l'hôpital central de Port au Prince et à Cité Soleil. Pour les autres équipes médicales, le défi est à présent de rejoindre la périphérie de Port au Prince puisque certaines zones n'ont toujours reçu aucune aide.

Paris, lundi 18 janvier 2010



Les équipes chirurgicales de Médecins du Monde continuent d’opérer à l'hôpital central de Port au Prince et à Cité Soleil. Pour les autres équipes médicales, le défi est à présent de rejoindre la périphérie de Port au Prince puisque certaines zones n'ont toujours reçu aucune aide.


Les chirurgiens sont à l’œuvre à l’hôpital central depuis samedi et réalisent beaucoup d’amputations. Une centaine de personnes attend une intervention dans la cour de l’hôpital mais depuis ce matin, les patients réintègrent le bâtiment, des ingénieurs ayant certifié qu'il ne risquait pas de s'écrouler.

« La rumeur a dû circuler que des équipes médicales étrangères étaient arrivées : les blessés affluent en voiture, sur les brancards de fortune, en brouette » témoigne notre équipe. « Les cadavres devant la morgue ont été évacués, mais l’odeur reste assez insoutenable car des décès ont lieu au sein de la population qui attend devant l’hôpital sous des abris de fortune. Il n’y a pas que des victimes du séisme. » Les équipes médicales doivent faire le tri rapidement, les cas les plus graves mais aussi les personnes les plus jeunes sont opérées en priorité. Ce matin, MDM a opéré plusieurs enfants.


Jacques Lorblanchès, Chirurgien MDM

« J’étais à Bam en Iran après le séisme, et à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande en novembre 1979. Mais rien n’est comparable à ce qu’on voit ici. Il y a tellement de gens à soigner et à amputer. On manque de tout, notamment d’eau courante et d’électricité. Sans soins, certaines personnes qu’on a opérées risquent des septicémies. Les gens manquent de nourriture, d’eau, d’hygiène de base. Ils n’ont plus de maison, ils dorment dans les rues, ils s‘entassent.


Gérard Pascal, Chirurgien MDM

« C’est très intense de travailler à l’hôpital central, il y a tellement de gens à opérer en urgence. Il fait très chaud, 30 degrés dans le bloc, et près de 40 sous la blouse. On manque d’infrastructures de base, comme de l’eau courante ou tout simplement des commodités. En revanche, nous avons eu de la chance d’arriver ici et d’être tout de suite intégrés par une ONG américaine qui était déjà sur place. Ils nous ont fait de la place dans le bloc improvisé et restent très solidaires quand nous arrivons à court de matériel. La solidarité entre humanitaires est très forte pour faire face à l’urgence, ça simplifie les choses. »


Les histoires qu’ils nous racontent sont dramatiquement identiques : ils étaient chez eux, et la maison s’est effondrée.


Madeleine a 4 ans

Elle vivait avec ses parents dans le quartier de Dalma, l’un des plus touchés par le séisme. Elle se trouvait au rez-de-chaussée quand les premières secousses ont fait s’écrouler les 3 étages de l’immeuble. Ses parents étaient absents, en train de travailler. C’est un voisin qui est venu la tirer des décombres. Elle a perdu la jambe et a de grosses coupures sur l’arcade sourcilière.


Katiana, 13 ans, est arrivée avec sa tante à l’hôpital, elle a les deux jambes fracturées et est sans nouvelles de sa mère et de son père. « J’étais hors de chez moi lors du tremblement de terre. Un mur s’est écroulé sur moi. Ce sont des passants qui m’ont extraite des décombres et emmenée à l’hôpital. Je n’ai aucun moyen de les joindre, le téléphone ne marche plus et évidemment je ne peux pas rentrer chez moi. ». Elle doit être amputée en urgence des deux jambes.


Yolande attend depuis 2 jours que son fils, 3 ans, soit opéré. Il a le bras et le pied écrasé. Elle a échappé au sinistre mais se demande ce qu’elle va faire quand son fils sera opéré. Elle n’a pas de famille proche pour l’héberger et la nourriture vient à manquer.


Thélissa, 7 ans, a dû être amputée d’un bras. A son réveil, elle était très heureuse de revoir toute l’équipe soignante et nous demandait « du shampoing pour avoir le cheveu soie », à savoir doux, « car les miens sont si sales et si laids ». Incroyable pour cette petite fille qui a perdu sa mère dans le séisme.


Pour rappel, Médecins du Monde a acheminé 30 tonnes de matériel à Port-au-Prince et envoyé une vingtaine de personnels médicaux en renfort de nos équipes déjà présentes sur place.



Contacts presse :

Annabelle Quénet, Florence Priolet : 01 44 92 14 32-31 / 06 09 17 35 59

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