Accueil  >  A l'international  >  Sahel - Niger, Mali, Burkina Faso

A l'international

Sahel - Niger, Mali, Burkina Faso

Amélioration de l'accès aux soins de santé primaires


Les indicateurs sanitaires de ces trois pays progressent peu. La probabilité d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière de santé en 2015 reste très faible.

Le faible accès aux soins de santé primaire, notamment du fait des barrières tarifaires, en est la principale cause. Le projet vise à lever les obstacles financiers à l’accès aux soins à travers un appui aux partenaires institutionnels et de la société civile dans un cadre sous-régional.

Amélioration de l'accès aux soins de santé primaires

» Districts de Keïta, (Niger), Koro (Mali), et Djibo (Burkina Faso)

» LES ACTIVITÉS

L’amélioration de l’accès aux soins passe par la réhabilitation de structures de santé périphériques, la mise à niveau des équipements, la réalisation d’activités préventives et curatives avancées et le renforcement des systèmes de référencement et d’évacuation.

Un appui aux organes de participation communautaire et collectivités territoriales est effectué par la mise en place de modalités pérennes et équitables d’allégement des barrières financières à l’accès aux soins tandis qu’une étude économique va permettre d’envisager des scénarios de mise à l’échelle.

Ces activités sont accompagnées d’actions visant à améliorer la qualité des services notamment s’agissant des soins de santé sexuelle et reproductive, de la prise en charge du paludisme et de la malnutrition, et à renforcer la gestion des structures sanitaires. Parallèlement, des actions de plaidoyer sont développées auprès des autorités sanitaires pour promouvoir la levée des barrières financières à l’accès aux soins.

» LES RÉSULTATS

Dans le district de Djibo, les mairies se sont engagées à rendre les accouchements et césariennes gratuits en complétant la subvention d’État.

» LES PERSPECTIVES

Le partage des expériences des trois pays et l’accompagnement des politiques de décentralisation vont permettre de renforcer les dispositifs existants en faveur d’une meilleure accessibilité aux soins. Le contexte sécuritaire très dégradé du Sahel reste néanmoins une préoccupation majeure pour la poursuite de la mise en oeuvre du projet.

Accéder aux populations en danger

La crise politique qui sévit dans le nord du Mali depuis le début de l’année 2012 est venue aggraver la situation alimentaire et sanitaire des populations, déjà en grande difficulté. Grâce à sa présence dans la région, Médecins du Monde a pu agir rapidement auprès des personnes réfugiées.

Article - décembre 2012

Les conflits armés déclenchés au début de l’année par les rebelles touaregs puis relayés par les groupes djihadistes dans le nord du Mali ont profondément aggravé la situation des populations de la région, déjà fortement menacées par l’insécurité alimentaire qui touche le Sahel. Plus de 400 000 personnes ont fui vers le sud du pays ou franchi les frontières des pays voisins pour rejoindre des camps de réfugiés.

 

Les programmes au mali se poursuivent

Médecins du Monde soutient plusieurs programmes de développement au Mali. « À Bamako, le projet auprès des personnes migrantes fonctionne normalement, explique Isabelle Bruand, responsable de desk Afrique. Le projet d’appui au district de santé de Koro, dans la région de Mopti, et celui sur la prise en charge des femmes souffrant de fistules ont  été interrompus quelques semaines avant de reprendre leur cours. À Mopti, la fréquentation reste plus faible, car les femmes se déplacent plus difficilement. »


« La crise actuelle a un impact sur le système de santé local, déjà faible »

© MdM

Enfin les programmes auprès des populations directement touchées par le conflit dans le Nord, à Gao et Kidal, se poursuivent, même si l’accès des équipes internationales y est plus limité. ASSISTANCE AUX RÉFUGIÉS Actuellement, plus de 268 706 Maliens sont réfugiés dans les pays voisins. Au Burkina Faso, ils sont plus de 100 000 répartis sur plusieurs camps. Présent dans la province du Soum, MdM a ainsi pu soutenir les autorités sanitaires dans l’organisation de l’aide d’urgence sur deux camps, celui de Mentao, tout près de Djibo, et celui de Damba, qui accueillent 15 000 réfugiés, un chiffre stable depuis plusieurs mois. « En cas d’urgence humanitaire, on préfère agir là où nous sommes déjà présents plutôt que de s’implanter sur une nouvelle zone, précise Isabelle Bruand. À Djibo, nous connaissons bien le district et les autorités locales. Nous avons mis en place trois centres de santé qui accueillent les réfugiés comme la population hôte. Les équipes travaillent en proximité avec les bénéficiaires. »  MdM développe également des actions de prévention du VIH, ainsi que des consultations materno-infantiles, préventives et curatives, menées par des infirmières et des sages-femmes.


L’avenir incertain des populations

Avec l’intervention armée envisagée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sous l’égide de l’ONU, le déploiement de troupes afin de reconquérir la région du Nord, contrôlée par les groupes islamistes, risque d’exposer davantage encore les populations civiles. Dans ce contexte, MdM cherche à évaluer en permanence les besoins et à y ajuster ses actions. Une mission exploratoire a ainsi eu lieu en septembre dans la région de Mopti, frontalière de la région du Nord. « La crise actuelle a un impact sur le système de santé local, déjà fragile, analyse Isabelle Bruand. La question est de savoir si l’on pourra intervenir dans les conditions de sécurité actuelles. Il s’agirait avant tout de venir en aide aux centres de santé déjà existants, voire de mettre en place des cliniques mobiles pour aller au-devant des personnes pour lesquelles l’accès aux soins est de plus en plus compliqué. »

Catherine Legras



Trois questions à : 

Thierry Brigaud, président de Médecins du Monde

 

  • Vous revenez du Mali. Que pouvez-vous nous dire de l’action de MdM dans la région ?

Les projets longs terme de MdM reprennent les thématiques d’accès aux soins pour les populations les plus vulnérables et de levée des barrières financières au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Dans ce dernier pays les autorités locales sont même d’accord pour inscrire dans leur budget les frais de santé pour faciliter l’accès aux soins des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans. C’est un vrai changement. Quant à l’action dans les camps de réfugiés, un système de garde médicale permanente a été mis en place avec l’aide de MdM. Nous adapterons nos actions dans l’avenir.

  • Comment l’association réagit face à la crise au Mali ?

Les équipes sur place , maliennes pour l’essentiel, continuent d’assurer les soins et les intrants en médicaments, mais la situation reste encore incertaine. Plutôt que d’envoyer des équipes expatriées, nous avons décidé de renforcer les équipes nationales sur place. Il s’agit toujours d’évaluer le service rendu à la population et les risques que nous prenons. La situation reste très imprévisible.

  • Quelles sont les perspectives dans ce contexte ?

Nous souhaitons pouvoir agir dans les zones où les postes de santé ont été désertés par les médecins nationaux qui se sentaient en danger. Ces postes de santé auront besoin d’appui en cas de nouveaux déplacements de population. Il faut réadapter la réponse tous les jours. Nous tentons en même temps de garder une ligne de fond d’appui au système de santé à long terme. L’enjeu est de pouvoir faire les deux, mais les conditions de sécurité se dégradent.

© Véronique de Viguerie

___________

Sahel / renforcement des actions
Malnutrition et déplacement des populations

La région sahélienne fait face à un problème chronique alimentaire et nutritionnel, aggravé par les déplacements de population liés aux conflits dans la zone. Malgré cette instabilité, MdM renforce son action pour améliorer l’accès aux soins.

"Plus grave encore cette année " : Isabelle Bruand, responsable du programme Sahel au sein de MdM, l’assure. La crise nutritionnelle sévissant dans cette région est particulièrement aigüe en 2012. Au Niger, selon une enquête nationale, plus de cinq millions de personnes sont en insécurité alimentaire et, depuis le 17 janvier 2012, le conflit dans le nord du Mali entraîne des mouvements de population qui aggravent une situation sanitaire déjà préoccupante. Pour faire face à cette crise, Médecins du Monde a renforcé son action de soins de santé primaires, en appui aux autorités sanitaires et aux structures locales, dans les districts de Keïta (Niger), Koro (Mali) et Djibo (Burkina Faso). « N ous mobilisons plus de moyens financiers, développons nos équipes et renforçons la prévention ainsi que la prise en charge hospitalière des cas les plus graves », explique Isabelle Bruand. Les mouvements de population aggravent une situation déjà préoccupante Déplacements des populations Dans ce cadre, Médecins du Monde a acheminé 5 tonnes de matériel médical dans le Nord du Mali. Un dispensaire a été mis en place dans le camp d’Inhamzil, dans la région de Kidal. Un autre a ouvert à Ménaka avec des équipes médicales mobiles parcourant les camps de déplacés autour de Ménaka. Dans la région de Mopti, c’est l’hôpital, inactif depuis les attaques du 18 février dernier, qui a été remis en service. MdM a également ouvert au Nord du Burkina Faso un programme d’urgence à Djibo. Dans les deux camps de réfugiés de la région, l’association vient en appui à la mise en place de centres de soins de santé primaires. Depuis un an, MdM a renforcé son dispositif de sécurité. Si les risques sécuritaires sont faibles au Burkina Faso, ils sont plus importants au Nord du Niger et du Mali.

Louise Tesse

article extrait du Journal des Donateurs de Médecins du Monde, n°107 - juin 2012

janvier 2013

Accueil

Publications

Toutes les publications

Diaporamas

Les Diaporamas