Accueil  >  A l'international  >  Haïti  >  Urgence séisme  >  Mercredi 20 janvier – Interview de Frédéric Penard, respo...

Mercredi 20 janvier – Interview de Frédéric Penard, responsable du desk Urgence de Médecins du Monde

Mercredi 20 janvier – Interview de Frédéric Penard, responsable du desk Urgence de Médecins du Monde


Quelle est la situation sur place aujourd’hui ?

Deux équipes de Médecins du Monde sont arrivées aujourd’hui à Leogane, épicentre du séisme, et à Jacmel pour évaluer la situation sanitaire et commencer à intervenir.

A Port-au-Prince, nos équipes de chirurgiens continuent de soigner dans trois hôpitaux de la ville. Le nombre de blessés en attente de soins est considérable et le défi est d’opérer le plus grand nombre de blessés, le plus vite possible.

Parallèlement nos équipes médicales se rendent dans les camps de fortune où des milliers d’habitants de Port-au-Prince ont trouvé refuge. Depuis hier, en partenariat avec l’association haïtienne URAMEL [partenaire de MdM en Haïti depuis 15 ans] et grâce à la mobilisation de dizaines de volontaires médicaux, des consultations de premiers secours sont menées dans deux centres médicaux et dans plusieurs sites du quartier de « Champ de Mars ». Les équipes recherchent activement les blessés les plus graves pour les transférer vers les hôpitaux.

Enfin, une dernière équipe est à Petit-Goâve, en appui à l’hôpital de la ville.


Quelles sont les difficultés auxquelles nous nous heurtons sur le terrain ?

Depuis le premier jour, la logistique s'est avérée être une réelle difficulté pour l’ensemble de nos équipes : l’acheminement des équipes venues en renfort et du matériel est complexe car l’aéroport de Port-au-Prince est saturé. Mais nous avons réussi à faire en sorte que tout notre dispositif de renfort soit opérationnel depuis samedi matin.

Les conditions de travail dans les hôpitaux sont très précaires, ce qui accroit la fatigue de nos équipes à pied d’œuvre (manque d’eau, absence d’électricité, communications aléatoires...). C’est pourquoi, d’ici la fin de la semaine, les premiers volontaires seront remplacés par une nouvelle équipe.

Toutes les organisations gérant ces mêmes contraintes, il est très compliqué sur place d’avoir encore une idée précise de toutes les interventions mises en œuvre, ce qui nous amène à redoubler nos efforts de coordination avec nos collègues haïtiens pour s’assurer que les besoins les plus vitaux sont couverts.


A terme, quelles seront les activités développées ?

Même si nous savons d’ores et déjà que notre soutien à Haïti devra s’inscrire dans la durée, il est encore trop tôt pour savoir ce que seront nos programmes dans trois mois, six mois ou un an, tant les besoins seront immenses.

Dans l’immédiat, en fonction des évaluations en cours, nous allons tenter de rétablir l’accès aux soins médicaux et chirurgicaux d’urgence pour la population la plus large possible. Notre priorité dans cette phase d’urgence est d’aller au-devant des blessés et des populations qui n’ont pas reçu d’aide. Il faudra également assurer le suivi des soins, et à court terme une prise en charge des troubles de santé mentale liés au séisme.


janvier 2010